LAZARUS EFFECT de David Gelb


LAZARUS EFFECT

Titre original : The Lazarus Effect
2015 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : David Gelb
Musique : Sarah Schachner
Scénario : Luke Dawson et Jeremy Slater
Avec Mark Duplass, Olivia Wilde, Sarah Bolger, Evan Peters, Donald Glover et Ray Wise

Synopsis : Après avoir découvert comment ramener les morts à la vie, des chercheurs universitaires doivent faire face aux conséquences de leurs expériences…

The Lazarus Effect est un film étrange, puisque partant d’une bonne idée, bien que pas nouvelle du tout, va accumuler certains clichés du genre, et mélanger les idées qui ne vont de base pas forcément ensembles pour livrer un patchwork au final plutôt efficace mais qui aurait pu être tellement plus. Réalisé pour le compte de Blumhouse comme beaucoup de productions horrifiques récentes pour un budget de 3,3 millions de dollars, il s’agît du premier long métrage de cinéma de David Gelb, mais également à ce jour de son seul long métrage, après plusieurs courts, mais surtout, après des documentaires culinaires, et avant une… série culinaire également. Un choix de réalisateur plutôt étrange, basé sur un scénario de deux amateurs du genre au passé cinématographique pas forcément glorieux, puisque l’un d’eux à écrit Spirits, le remake Américain de Shutter, et l’autre a signé Fantastic Four, Pet, la série l’Exorciste et le futur Death Note produit par Netflix. Préjugés de côtés, The Lazarus Effect malgré tout attire l’oeil, puisqu’il bénéficie d’un solide casting, qu’il est court, et qu’il a l’air très correctement emballé. Le film nous raconte la classique histoire d’une bande de scientifiques bossant sur un sérum, un sérum pouvant vaincre la mort cérébrale. Le docteur West n’est pas très loin, sauf que la dite formule n’est pas verte fluo. Et comme toujours dans ce genre de films, nos scientifiques vont vite apprendre qu’il ne faut pas se prendre pour Dieu car chaque action a ses conséquences, et la vie (ou la mort) nous renvoie ça en pleine face.

Dans quelle catégorie mettre au final The Lazarus Effect ? Quasi huis clos dans un laboratoire souterrain ? Oui. Film sur la vie après la mort ? Aussi. Film de possession ? Non, sauf qu’il en reprend certains tics visuels et maquillages. En gros, prenez un peu de ce qui se fait en ce moment dans le genre, un peu de tout ce qui marche, rajoutez un peu de paranoïa, un peu de science, quelques lumières qui clignotent, quelques jumpscares (surtout auditifs, peu visuels), et voilà The Lazarus Effect. Et malgré le fait qu’il bouffe un peu à tous les râteliers, il le fait plutôt bien au final. Enfin, il sait se faire attachant et divertissant, avec ses 1h23 au compteur, sa mise en scène au final plutôt propre et fluide, et ses acteurs concernés et charismatiques. L’histoire en soit est classique. Forcément, il faut que nos scientifiques réussissent leurs expériences, mais que pour une raison X ou Y, ils doivent passer vite à la vitesse supérieure, ce qui déclenche un accident, et va faire empirer la situation, avant de se transformer en petit jeu de massacre en huis clos. Le film veut clairement en faire trop, multiplie donc les sous intrigues, quitte à en rendre certaines inutiles. Ray Wise par exemple débarquera le temps d’une scène, représentant une grosse compagnie qui ferme le projet, voir plutôt vole le projet à nos chercheurs. Oui, les sociétés sont souvent mauvaises dans le monde du cinéma. Le souci, c’est qu’à part pour servir de point de départ pour forcer nos personnages à se lancer dans leurs expériences plus vite, cela ne sert à rien. Cet aspect ne reviendra quasiment plus dans le film, la compagnie ne reviendra plus à l’écran, tout comme Ray Wise.

L’expérience qui tourne mal, fatalement, coûtera la vie à un des personnages, mais comme oh miracle, ils ont un sérum, voilà que l’on réanime ce personnage, sans penser aux conséquences. Le film accumule dès lors les bonnes idées et les mauvaises. On nous dit qu’une fois mort, le DMT (cette fameuse drogue que je connais depuis Enter The Void) nous fait revivre nos souvenirs traumatisants que l’on revit en boucle comme un cauchemar dont on ne se réveille pas. Ça j’aime, bonne idée. On nous dit aussi que le sérum active les 90% du cerveau que l’on n’utilise pas forcément, et là par contre je pense à Lucy de monsieur Besson. L’idée que le personnage revienne à la vie et ramène avec elle son expérience traumatisante est bonne, mais la faire devenir une méchante un peu clichée aux yeux noirs qui ressemble à une possédée pouvant contrôler les objets à distance est un poil too much. Du coup, The Lazarus Effect ne sait jamais sur quel pied danser, partant dans de nouvelles directions sans arrêt pour être un produit un peu bancal. Mais hautement divertissant. Malgré quelques jumpscares inefficaces, la mise en scène est solide et élégante, le huis clos dans le laboratoire est une bonne idée, avec ces longs couloirs froids, et le casting est convaincant, avec Mark Duplass prouvant qu’il fait autre chose que de la comédie, Olivia Wilde ayant donc deux rôles à jouer (la gentille scientifique et la méchante morte vivante), Sarah Bolger en caméraman mimi (la révélation de Emelie la même année), Evan Peters entre deux films de super héros (Kick-Ass, les deux derniers X-Men) et Donald Glover (Seul sur Mars).

Les plus

Soigné techniquement
Casting solide
Court et divertissant

Les moins

Beaucoup d’éléments peu développés
Des choix parfois discutables

 
En bref : The Lazarus Effect tente trop de choses, tente d’être un peu tout. Film d’horreur, huis clos, film sur la vie après la mort, tout en utilisant les codes des films de genre récents. Tout ne marche pas, mais au final, le produit est divertissant.

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