TRAUMA de Dario Argento


TRAUMA

Titre original : Trauma
1993 – Etats Unis / Italie
Genre : Giallo
Réalisation : Dario Argento
Musique : Pino Donaggio
Scénario : Dario Argento et T.E.D. Klein
Avec Christopher Rydell, Asia Argento, Piper Laurie, Frederic Forrest, Laura Johnson, James Russo et Brad Dourif

Synopsis : Aura Petrescu, jeune anorexique d’origine roumaine, prend la fuite après avoir assisté à la décapitation de ses parents lors d’une séance de spiritisme. Elle se réfugie alors auprès de David Parsons, un dessinateur employé par une station de télé locale. Ils enquêtent sur le tueur en série qui les prend en chasse.

Dans les années 80, après l’énorme Ténèbres, les deux films suivants d’Argento ne rencontrent pas le même succès. Phenomena et Opéra sont incompris par le public et pas forcément appréciés des critiques. Argento tente alors sa chance en Amérique. En 1990, il signe avec George A. Romero le film à sketchs Deux Yeux Maléfiques, puis en 1993, Trauma, le film qui nous intéresse ici. Co-production entre les Etats Unis et l’Italie, Trauma a toutes les cartes en mains pour être un grand Argento de plus, du moins sur le papier. Un tueur ganté qui tue de manière originale ses victimes, une enquête, des fausses pistes, et deux personnages attachants. Avec 7 millions en poche, Argento se heurte pourtant aux financiers Américains. Il ne peut engager le fameux Claudio Simonetti pour la musique, et on lui demande une histoire plus classique, moins expérimentale que ses récents essais. Et au final, Trauma se retrouve être un Argento mineur, pas dénué de qualités, ni de défauts d’ailleurs, mais qui semble un peu aseptisé, américanisé même. Ceci dit, vu les films récents d’Argento, il est certain que ce Trauma n’est pas si mauvais que ça. Argento embauche d’ailleurs pour la première fois sa fille dans le premier rôle, après que la jeune soit apparue dans les productions de son père pour Lamberto Bava (Demons 2) ou Michele Soavi (Sanctuaire), puis ai commencé à se faire connaître (en 1993, elle jouait dans La Reine Margot par exemple). Asia Argento trouve sans doute ici, avec Le Syndrôme de Stendhal, son meilleur rôle chez son père, et surtout son plus crédible. Car oui, Le Fantôme de l’Opéra ou Dracula 3D, rien n’a faire, ça ne passe pas.

Trauma donc, pour le fan d’Argento, c’est un film très classique. Trop peut-être. Autant dans sa mise en image que dans son intrigue. Un Argento du coup radicalement différent, lui qui stylisait son approche visuelle de film en film. Car dans Trauma, à l’exception de quelques plans virtuoses et de plans subjectifs, on se retrouve devant un métrage certes très propre, mais surtout très anecdotique, sans génie, sans prise de risque, sans emprunte. Au niveau de l’intrigue par contre, aucune surprise, puisque le métrage ne semble être qu’une relecture des Frissons de l’Angoisse, à la sauce Américaine. Oui, un tueur avec un traumatisme lié à l’enfance, quelques plans sur des objets comme dans le dit film, une séance de spiritisme qui tourne mal dés le début… Nous sommes clairement en terrain connu. Sauf qu’Argento ici se laisse aller à la facilité, autant dans la mise en scène que dans l’insertion d’éléments fantastique dans son récit, mais tout en essayant d’être terre à terre un maximum. En résulte quelques moments grotesques qui ne fonctionnent pas vraiment. Bref, Trauma nous invite à suivre les aventures d’une anorexique et d’un artiste (comme souvent chez Argento) qui sont sur les traces d’un tueur. On notera la manière originale qu’à le tueur d’ailleurs de s’attaquer à ses victimes, finissant toujours par une décapitation. Tom Savini s’occupe des effets spéciaux d’ailleurs, mais ceux-ci sont malheureusement trop peu exploités. Trauma accumule les hors champs et limite les prises de risque à ce niveau.

Mais ceci pourrait passer avec une intrigue passionnante ou encore une mise en scène intéressante. Hors ici, si ce n’est pas mauvais, cela reste très académique. L’intrigue prend son temps, un peu trop d’ailleurs, si bien que l’on pourra décrocher, et Argento ne semble inspiré que lors de rares séquences. Mais lorsque Argento se réveille par contre, c’est comme souvent d’un excellent niveau, comme la séquence de l’hôpital, ou encore les quelques scènes avec Brad Dourif, excellente (malgré un effet raté à un moment). Trauma en fait plonge deux personnages intéressants dans une intrigue que l’on semble déjà connaître, le tout filmé proprement mais sans génie, jusqu’aux moments où Argento se décide à faire du Argento et surprend dans le bon sens. Mais le métrage s’avère trop sage, trop long, et flirte souvent avec le ridicule (la tête coupée qui parle, le sur jeu de certains acteurs), ce qui ne joue jamais en sa faveur. Un film donc mineur, qui pour beaucoup annonce le vrai début de la fin pour Argento. Ce qui n’est pas totalement vrai, puisque Argento livrera encore Le Syndrome de Stendhal et Le Sang des Innocents, deux excellents films. Trauma en soit est difficile à aimer, mais difficile à détester, difficile à conseiller aussi pour le coup.

Les plus

Asia Argento crédible
Quelques scènes surprenantes

Les moins

Trop classique dans son intrigue
Trop classique dans sa mise en scène
Un peu longuet
Très soft

 
En bref : Trauma n’est pas un mauvais film ni un mauvais Argento. Mais l’ensemble manque de surprises pour totalement passionner.

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