THALE de Aleksander Nordaas


THALE

Titre original : Thale
2012 – Norvège
Genre : Fantastique
Réalisation : Aleksander Nordaas
Musique : Raymond Enoksen et Germund Simonsen
Scénario : Aleksander Nordaas
Avec Silje Reinåmo, Erlend Nervold et Jon Sigve Skard

Synopsis : Léo et Elvis nettoient les scènes de crime. C’est leur boulot. Alors qu’ils se rendent dans une petite cabane dans les bois pour y faire leur travail, Elvis découvre un passage caché menant à un souterrain. Ils y découvrent Thale, une jeune femme qui ne parle pas.

Le cinéma Norvégien, j’aime. Et comme je suis curieux, je me lance souvent dans de nouveaux métrages. Thale est une minuscule production au budget d’à peine supérieur au million, qui se déroule principalement dans une cabane et les bois les entourant. Mais attention, pas de jeunes, de tueur en série ou de possessions démoniaques ici non. Nous suivons ici Léo et Elvis, qui nettoient des scènes de crime. Léo a l’air de faire ce boulot depuis quelques temps puisqu’il se contente de faire ce qu’il faut faire, nettoyant les tâches de sang ou autre dans l’indifférence la plus totale, tandis qu’Elvis est le petit nouveau au cœur pas encore bien accroché et qui vomit pour un rien. Les deux hommes partent donc nettoyer une scène de crime en forêt, une petite cabane. Un nouveau boulot de routine pour eux, sauf qu’Elvis découvre un passage menant à une sorte de laboratoire souterrain. Avec oui, un magnétophone avec des cassettes dedans. Et une baignoire, avec à l’intérieur une jeune femme, nue, séduisante, qui ne parle pas. Voilà le point de départ de cette très courte production Norvègienne (1h16), s’inspirant donc du folklore bien particulier du pays. Car oui, Thale nous parle de créatures mythologiques, les Huldres, ou Huldras lorsqu’il s’agît de femmes. Car Thale (le nom de la jeune femme) est une Huldras, qui a été cachée par un médecin qui aura prit soin d’elle jusqu’à sa mort et aura coupée la principale particularité de la créature (une queue de vache).

Car oui, les Huldres et Huldras ont une queue, possèdent des pouvoirs psychiques (ce qui permettra au métrage de nous raconter le passé de la jeune femme), et surtout, sont incroyablement violents lorsqu’ils doivent rester en vie et se battre. Car oui, Thale n’est pas seule, et à l’extérieur, plusieurs menaces sont là, avec des Huldres au physique beaucoup moins attractif, et bien entendu des militaires qui veulent étudier Thale. Le métrage n’est pourtant pas un film de genre bête et méchant, il s’en éloigne même radicalement en se focalisant durant la première heure sur la psychologie des trois différents personnages. Thale donc, dont Elvis apprendra le passé en la touchant, mais bien évidemment Elvis et Léo, qui sont des humains comme vous et moi, l’un avec un cancer du poumon, l’autre ayant une enfant illégitime. Deux humains avec leurs problèmes donc. Et le métrage utilise un rythme très contemplatif, les dialogues ne sont pas envahissants, la forêt est joliment filmée, et les effets spéciaux rares et furtifs. Les Huldres guettant dans la forêt ne sont au départ vues que comme des ombres furtives (et parfois, l’on aura des vues subjectives), tandis que les militaires arriveront dans le récit très tardivement.

Et pourtant, malgré son rythme lent, ses personnages peu bavards (Thale étant muette, forcément), on ne s’ennuie pas un seul instant, et le film a été réalisé avec un grand sérieux. Silje Reinåmo dans le rôle de Thale est totalement crédible, faisant passer tout son jeu par le regard et la gestuelle. Et même lorsque le film doit forcément un peu passer à la vitesse supérieure, l’utilisation des CGI ne dérange pas, l’animation et la rapidité des créatures convenant plutôt bien et donne un côté fantastique et féérique à cette variation du folklore. Le travail visuel sur le métrage, que ce soit donc les effets spéciaux (assez rares malgré tout), la photographie ou autre, est plutôt bien foutu. Quand aux amateurs d’horreur, ils pourront être déçu, puisque Thale prend la plupart du temps plutôt des allures de drame, et de fantaisie pour adulte plutôt lente et atmosphérique. Et pour peu que l’on rentre dans l’ambiance, ça marche très bien. Thale est, dans sa mise en scène, son rythme, et bien entendu son histoire, purement Norvégien, ne tentant jamais de copier le cinéma Américain comme c’est souvent le cas (Cold Prey, même si très bon, rendait hommage aux slashers, Manhunt était un survival très classique), et c’est tout à son honneur. On regrettera quelques trous dans le scénario, ou encore un final un peu décevant (mais se refusant le gore, tout à son honneur), mais Aleksander Nordaas, qui signait là son deuxième long métrage de cinéma après le drame Sirkel en 2005, s’en sort très bien. À noter qu’une suite sobrement intitulée Thale 2 est en préparation.

Les plus

Une mythologie intéressante
Belle atmosphère
Des personnages humains

Les moins

Quelques trous de scénario
Un final un poil décevant

 
En bref : Thale est un métrage purement Norvégien, traitant d’un mythe scandinave. L’essai est intéressant, une atmosphère étrange se dégage du métrage et on passe un très bon moment.

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