I AM A HERO de Sato Shinsuke


I AM A HERO

Titre original : Aiamuahiro – アイアムアヒーロー
2015 – Japon
Genre : Zombies
Réalisation : Sato Shinsuke
Musique : Fakhrara Nima
Scénario : Nogi Akiko d’après Hanazawa Kengo
Avec Ôizumi Yô, Suzuki Miho, Nagasawa Masami, Arimura Kasumi, Katase Nana et Okada Yoshihiro

Synopsis : Hideo a raté sa vie. Sa petite amie en a marre et le plaque, il n’est que l’assistant d’un mangaka après tout, timide, introverti, incapable de prendre des décisions. Mais le jour où un virus contamine le Japon, il va bien être obligé de prendre sa vie en main pour survivre. De toute façon, il tue sa petite amie infectée et ses collègues de travail s’entre-tuent. Il prend la fuite en direction de Mont Fuji avec une jeune femme.

Comment faut-il juger I Am a Hero ? Comme une adaptation de manga (ce qu’il est) ? Comme un énième film de zombies ? Débarquant un peu de nulle part, I Am a Hero est en effet l’adaptation d’un manga du même titre (et qui m’était lui aussi inconnu), et n’avait d’entrée de jeu pas toute ma confiance. Oui, l’Asie et les Zombies, ça peut donner des films funs mais vite oubliés, des séries Z honteuses, ou des films acclamés de tous (Dernier Train pour Busan). Mais justement, ce dernier (Dernier Train…) n’avait pas eu sur moi l’effet annoncé. Oui, c’était sympathique, mais gentillet, pas gore pour un sous, et malgré une première heure et demi de haute volée car hautement maîtrisée en mise en scène, le tout était vite retombé avec une fin pleine de bons sentiments. I Am a Hero n’emprunte absolument pas cette voie là, et parvient même à faire des choix osés pour un film adaptant un manga, avec un budget confortable et avec un gros studio derrière. Car oui, dans le même style, on pouvait citer les deux films live Gantz, d’ailleurs également signés Sato Shinsuke, qui m’avait pourtant plu, mais qui étaient soft et trahissaient au niveau de la noirceur et des hectolitres de sang le manga. Car oui, qui dit budget et studio dit public large. I Am a Hero ne prend absolument pas cette voie, et bordel, ça fait du bien. Le genre de film que l’on lance donc sans rien en attendre, qui laisse perplexe quelques minutes puisqu’on ne sait pas encore trop sur quel pied le film va danser, puis nous amuse, nous éclate, et au bout de ses 2h, nous a fait du bien ! Pendant 15 petites minutes, le métrage nous présente son héros, qui est en réalité un bien beau looser.

Hideo est l’assistant d’un mangaka, enfin, un de ses assistants, le timide qui reste dans son coin, ne dit pas ce qu’il pense, vit chez sa petite amie qui le plaque et le vire de chez elle après 5 petites minutes. Sa vie est un désastre, et comme toujours dans ce genre de film, il faut attendre que la situation devienne critique autant pour le monde que pour lui pour qu’Hideo se réveille et ne prenne son destin en main. Le métrage est donc clairement découpé en deux parties, la première servant d’exposition, des personnages, de la situation générale, nous familiarise avec ses infectés originaux (le virus n’a pas le même effet sur tous), la seconde resserrant le lieu de son action et allant beaucoup plus dans l’horreur, où le sang coule à flot. Et finalement, tout commence divinement bien, sur un ton plutôt léger, puisque notre héros découvre en guise de premier infecté sa petite amie, qui a définitivement les crocs, devient contorsionniste, va perdre ses dents. En quelques minutes, le film capte notre attention pour ne pas la relâcher, puisque Hideo va alors devoir fuir Tokyo, et le réalisateur se fait plaisir. Sa mise en scène semble millimétrée et l’apocalypse fait plaisir. Le chaos est dans les rues, Hideo court, les infectés sont partout, les accidents de voitures s’enchaînent, les passants meurent. Lorsqu’il prend une voiture pour fuir avec d’autres survivants, il n’est pas au bout de ses peines. La seconde partie donc, qui semble être un hommage certain à Romero, voit les personnages recueillis par des survivants dans un centre commercial extérieur, tenter de survivre en communauté, et fatalement, ça ne marche pas.

Et c’est dans ces moments là que I Am a Hero passe la vitesse supérieure, en accumulant les attaques, les carnages, et en osant faire exploser les têtes à coup de fusil de chasse, par dizaines. Ça gicle, ça explose, ça fait du bien. Pour autant, I Am a Hero souffre de quelques défauts, et pour le connaisseur, il n’invente strictement rien. Sa structure est tout à fait classique, autant dans sa narration que dans le cheminement de ses personnages, et on pourra même noter quelques petites longueurs en fin de première partie, lors des errances de nos personnages dans une forêt déserte avant de trouver un autre groupe de survivants. Oui, après tout, le métrage dépasse de peu les 2h, et quelques petites longueurs s’invitent dans le récit. Autre petit point assez dommage, le personnage introduit assez tôt de Keiko, la lycéenne, qui a un fort potentiel mais qui est alors totalement délaissé dans la seconde partie, alors qu’il aurait du permettre des scènes inventives et surtout sacrément fun. Mais ne gâchons pas notre plaisir, puisque I Am a Hero est une bobine plutôt excitante, entre sa première partie au ton léger mais plutôt impressionnante lorsque nos personnages fuient Tokyo, et sa seconde partie qui se lâche totalement dans l’hémoglobine, le tout avec un personnage principal au final plutôt attachant. I Am a Hero, pour une production de ce genre, avec un vrai budget derrière, est même un film plutôt osé, et c’est bien pour ça qu’il fait du bien et surprend. Du coup, pour son fun, sa maîtrise et sa générosité, malgré ses défauts, et bien je le préfère largement à Dernier Train pour Busan. Ici, pas de sentiments, de famille, de romance !

Les plus

Un personnage attachant
Un ton léger et fun
Des moments bien sanglants pour un gros budget Japonais
Des infectés parfois amusants
Deux parties qui fonctionnent

Les moins

Le film n’invente rien
Quelques rares longueurs
Un personnage pas exploité

 
En bref : I Am a Hero fait du bien. Un film de zombies avec un budget confortable mais qui délivre ce qu’un film du genre se doit de nous donner. Du sang, du fun, le tout maîtrisé.

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