ALIENWEEN de Federico Sfascia


ALIENWEEN

Titre original : Alienween
2016 – Italie
Genre : Nawak enfumé
Réalisation : Federico Sfascia
Musique : Alberto Masoni
Scénario : Federico Sfascia
Avec Guglielmo Favilla, Federica Bertolani, Alex Lucchesi, Giulia Zeetti, Matteo Cantu et Alessandro Mignacca

Synopsis : C’est la nuit d’Halloween, et un groupe d’ami décide de passer la soirée ensembles. Au programme, de la drogue, de l’alcool et des prostituées. Tout se passerait bien si des météorites n’étaient pas dans le ciel, prêtes à envoyer sur Terre des aliens prenant possession des humains.

Alienween ! Qui aurait pu s’appeler Alien Weed, car je ne sais pas ce que Federico Sfascia, réalisateur et scénariste de cet ovni, a fumé pour pondre une telle œuvre, mais ça devait être de la bonne. Alienween donc, c’est un nanar pur jus, un film que l’on ne sait pas si l’on doit en rire ou arrêter la vision après seulement une petite scène, un film assurément fauché, coloré, mais également enfumé, gluant, filmé avec les pieds, monté de manière excessivement cut… Alienween au départ, c’est un pitch simple, celui d’une bande de potes, avec forcément des couples et quelques tensions, qui passent la soirée d’Halloween dans une vieille maison, tandis que des météorites font débarquer des aliens sur terre, qui vont faire fondre les humains et prendre possession de leur corps. Simple oui. À l’image par contre, c’est un mélange étrange de gore gluant mal foutu, d’idées à la con, d’humour visuel souvent décalé, le tout avec, pour une raison inconnue, des couleurs vives et de la fumée partout. Bon ok, les couleurs, c’est pour rendre hommage à Argento, après tout Alienween n’est pas Italien pour rien, et on retrouvera même un hommage sympa à Fulci, lui qui adorait tant les yeux. Sauf que d’entrée de jeu, Alienween se fait space. Oui, on a l’impression souvent de se retrouver devant une comédie potache et gore qui aurait décidée d’incorporer des gags visuels bon enfant avec des bruitages made in Tex Avery. Si bien qu’avant que l’horreur ne débarque vers 25 minutes de film, notre cerveau a déjà du mal à procéder aux informations voulues par le film. Oui, c’est une comédie, mais pourtant, visuellement, tout indique qu’il s’agît déjà d’un film d’horreur, entre l’éclairage surréaliste, la brume constante sortant de partout (mais littéralement), mais on suit une bande de jeunes pas doués, et drogués.

Du coup bruitages over the top, hallucinations dues à la drogue, personnages stupides, clichés en pagaille. Oui, en 25 minutes, le spectateur ne sait déjà pas où donner de la tête. C’est simple, facile, vulgaire parfois, très con, mais aussi monté à la hache. Ceux qui aiment les plans propres, qui prennent leurs temps, et bien passez votre chemin, Alienween vous donnera la migraine. Le montage m’aura d’ailleurs forcé à faire une pause pour reposer le cerveau. Alors imaginez quand il se passe enfin des choses à l’écran, là ça s’emballe encore plus, les couleurs sont plus présentes, la fumée débarque de partout, les plans s’enchaînent pour camoufler la misère des décors et des effets spéciaux… Et pourtant, Alienween aura réussi l’impensable, à savoir me faire rire à plusieurs reprises. Vous avez déjà vu un parasite alien contrôler une citrouille qui vient se greffer sur un corps humain vous ? Moi non, et je ne m’y attendais pas. Vous avez déjà vu des aliens qui communiquent en envoyant des sons façon compteur Geiger et en émettant de la lumière par leurs yeux et leur bouche ? Et bien ici, vous aurez cela également. Plus il avance, plus Alienween part dans le nawak le plus total, à coup de réanimation par électrocution, de corps qui fondent de manière que Yuzna n’aurait pas renié, d’un alien citrouille jouant du piano, de bras qui s’allongent, de scènes pseudo romantiques quand les persos vont mourir et j’en passe.

Pour autant, Alienween est loin d’être un bon film, et malgré quelques fous rires, il est également dur de la conseiller à l’amateur de nanar, puisque sa capacité à vouloir toujours en faire plus devient assez lourd, le film en faisant trop d’un côté, mais se retrouve également contrebalancé par des moments dramatiques plein de bons sentiments qui n’ont pas du tout leur place ici. Entre deux carnages, qui veut entendre parler de la dualité entre deux frères et de la copine mourante à l’hôpital pendant de bien trop longues minutes, musique au piano à l’appui ? Comme si face à son délire ambiant Alienween voulait parfois se donner bonne conscience et tenter d’aller vers des horizons un poil plus sérieux, voir graves. En vain. Alienween n’est donc pas franchement un nanar à conseiller. Certes, certaines idées sont tordantes, mais le délire devient usant sur la durée, filmé n’importe comment mais sans parvenir à être attachant, et parfois trop sérieux vu son sujet et l’ambiance générale. Et pourquoi diantre y a-t-il de la fumée partout même en intérieur ??

Les plus

Certaines idées totalement folles

Les moins

Un montage désastreux
Des moments trop sérieux
Trop de délire tue le délire

 
En bref : Alienween est réellement un film à part, il n’y en a pas deux comme lui. Dans un sens, tant mieux, car si quelques passages amusent, le reste fatigue.

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