HALLOWEEN de John Carpenter


HALLOWEEN : LA NUIT DES MASQUES

Titre original : Halloween
1978 – Etats Unis
Genre : Slasher
Réalisation : John Carpenter
Musique : John Carpenter
Scénario : John Carpenter et Debra Hill
Avec Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, Nancy Loomis, P.J. Soles, Charles Cyphers et Kyle Richards

Synopsis : À Haddonfield la nuit d’Halloween, le jeune Michael Myers, âgé de six ans, assassine sa sœur à coups de couteau. Il est interné. Des années plus tard, il s’échappe et revient dans sa ville natale la nuit d’Halloween pour continuer ses meurtres. Son psychiatre, le docteur Loomis, se lance à sa poursuite.

En 1978, après le chef d’œuvre Assaut qui rendait hommage à Rio Bravo, John Carpenter va livrer son plus grand succès commercial et critique, à savoir Halloween, le film qui va populariser un genre déjà existant (mais peu connu, avec des films comme La Baie Sanglante et Black Christmas), à savoir le slasher. Carpenter ne s’en doutait pas, mais les règles du genre qui envahira les écrans durant les années 80 viendront de son film. Oui, un tueur, un couteau, une héroïne vierge. Pourtant, Halloween se différencie par plusieurs aspects. Déjà, le métrage ne nous donnera aucune explication sur les motivations du tueur, les explications ne venant que dans le second opus (scénarisé encore par Carpenter). Le tueur prend plus l’apparence d’un être surhumain, surnaturel, d’un fantôme, apparaissant où il le souhaite. Autre élément jouant clairement en la faveur d’Halloween comparé à tous les clones qui suivrons, le sérieux de sa mise en scène. Oui, Carpenter n’est pas un artisan mais un artiste, et cela s’en ressent à chaque plan, avec une utilisation ultra classe du format scope 2.35, une recherche du cadre, une ambiance posée, lente. Halloween nous raconte donc l’histoire de Michael Myers. Et dès la scène d’ouverture, Carpenter frappe fort (même si Black Christmas utilisait le même procédé) en utilisant la vue subjective pour nous faire vivre un meurtre. Cela parait anodin aujourd’hui, mais voir ce procédé en 1978, suivi de la révélation lorsque l’on voit qui se trouve derrière le masque, à savoir un enfant de six ans est un choc. Le reste sera plus classique, avec l’évasion de Michael Myers, le tueur devenu adulte, qui va revenir dans la ville pour continuer son œuvre. Son psychiatre est à ses trousses, et plusieurs jeunes femmes sont ses proies.

Revu aujourd’hui, Halloween accuse par instant le poids des années, mais parvient dans d’autres domaines à faire toujours mieux que les nombreuses copies sorties ensuite. Oui, l’évasion de Michael Myers au début du film est d’une simplicité extrême, oui les personnages ainsi que le déroulement du film sont devenus clichés de nos jours, mais à l’époque étaient nouveaux. On se doute immédiatement qu’entre Laurie, Annie et Lynda, Laurie sera la final girl. Mais Halloween conserve malgré tout sa force, dans les nombreuses apparitions de Michael Myers, que ce soit dans les rues, les jardins, les maisons. Voir le docteur Loomis joué par Donald Pleasence (habitué aux films de Carpenter, avec également New York 1997 et Prince des Ténèbres) avertir tout le monde sans que personne ne le croit passe pour cliché aujourd’hui, mais conserve son charme indéniable ici. Chose amusante d’ailleurs, le rôle fut au départ proposé à Christopher Lee, qui refusa… et regretta. Un de ses nombreux regrets, comme celui d’avoir joué dans Hurlements 2… Peter Cushing refusa également le rôle. Jamie Lee Curtis s’en sort à merveille et devient une des plus grandes scream queen de l’histoire du cinéma, et surtout la scream queen à la plus grande carrière, réussissant à rester éloignée par la suite presque intégralement des petites séries B sans envergure (bon, il y a bien Le Bal de l’Horreur). Génie de la mise en scène, scénario à l’époque tout sauf cliché, tueur fantomatique et mystérieux, bon casting, musique composée encore une fois, comme souvent, par Carpenter himself, Halloween a tout du film culte qu’il est devenu avec les années.

Pourtant, il faut bien l’avouer, Halloween accuse quelque peu le poids des années. Outre certaines scènes fonctionnant moins aujourd’hui, comme l’évasion de Michael Myers déjà évoquée plus haut, on pourra citer un rythme très lent favorisant l’atmosphère et le suspense comme toujours chez Carpenter, mais fonctionnant moins que dans d’autres titres du maître. On pardonnera par contre toujours, face aux nombreuses qualités du film, ces nombreux faux raccords ou petites erreurs, la faute à son petit budget (325 000 dollars) et à son temps de tournage (22 jours). Car même avec le poids des années et ses erreurs de continuité ou autres, Halloween reste une œuvre forte, une œuvre culte, et surtout, le meilleur opus de la saga contenant tout de même 8 films et 2 remakes, plus un nouveau film en préparation. Car derrière son manque certain d’informations, on sent que Carpenter et sa compagne de l’époque, également productrice et coscénariste du film, Debra Hill, ont créé plus qu’un film, mais un mythe. Oui les informations sont rares passée l’ouverture et ce que le docteur veut bien nous dire sur Michael Myers au début, mais pourtant, tout se met doucement en place sans que cela ne dérange, et parvient même à devenir une des forces du métrage. Alors oui, Halloween est culte, est blindé de bonnes idées et bénéficie d’un grand savoir faire, mais Halloween, contrairement à d’autres films de Carpenter, ça a un peu vieillit !

Les plus

Une mise en scène très soignée
Tous les éléments du genre
Une bonne atmosphère
Un mythe s’installe

Les moins

Un petit coup de vieux

 
En bref : S’il accuse le poids des années par certains aspects, Halloween reste pourtant un métrage très maîtrisé visuellement et qui se regarde toujours avec plaisir.

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