ANABEL de Antonio Trashorras


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Titre original : Anabel
2015 – Espagne
Genre : Drame / Fantastique
Réalisation : Antonio Trashorras
Musique : Miquel Coll
Scénario : Antonio Trashorras
Avec Ana de Armas, Rocio Leon, Enrique Villén

Synopsis : Cris et Sandra cherchent quelqu’un pour partager leur appartement. Elles choisissent un vieil homme qui gagne leur confiance, mais qui rapidement se montre plutôt étrange.

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Antonio Trashorras, avant d’être réalisateur, avait été scénariste pour quelques films espagnols plutôt connus et aimés, comme L’Échine du Diable de Guillermo Del Toro ou Agnosia de Eugenio Mira. Après quelques courts, il était passé à la réalisation de long métrage avec Blind Alley en 2011. Il y rencontrait Ana de Armas, et si le métrage était sympathique et rythmé, Antonio Trasshoras dirigeait assez mal ses influences, trop voyantes. Il revient à la mise en scène en 2015 avec ce Anabel, beaucoup plus sobre, beaucoup plus sérieux, et beaucoup mieux pensé. Mais également beaucoup plus difficile à aborder, puisque se refusant bien souvent la facilité. Sur une base très simple, à savoir l’irruption dans le quotidien de deux amies d’un troisième colocataire qui va tout remettre en cause, Antonio Trashorras fait des choix qui finalement éloignent son métrage du simple film de genre. En fait c’est simple, Anabel, comme d’autres films récemment, comme The Monster traitant de la maltraitance des enfants, se sert de l’apparence du film de genre pour s’intéresser à tout autre chose. Et dés le début, nous voilà surpris, puisque Anabel est tourné dans un très beau noir et blanc. Le film prend place uniquement dans un petit appartement, avec seulement trois acteurs. Et on comprend très rapidement qu’au final, Anabel veut nous raconter quelque chose de différent. Les touches de fantastique sont bel et bien présentes, mais pas forcément pour faire évoluer une narration, mais plutôt un ressenti.

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Cris et Sandra reçoivent Lucio, un vieil homme propre sur lui. Rapidement, elles acceptent de partager leur appartement avec le vieil homme, qui va devenir le conseiller, l’oreille attentive des deux jeunes colocataires et amies, finalement pas si amies que ça. Anabel pourrait être un simple film de genre, mais préfère plutôt se concentrer pleinement sur ses personnages comme pour les décortiquer, développer le fonctionnement humain, leur comportement, leur façon d’être entre eux, et l’hypocrisie qui peut s’en dégager. Car oui, Cris et Sandra, tout les oppose, elles semblent très différentes, et finalement, un rien peut briser le lien qui les unit. Un scénario donc au final très simple dans le fond, et allant rapidement où il veut aller, le film ne durant sans le générique que 1h10. Tout est rapide, ne laissant pas le temps au spectateur de s’ennuyer. Mais les deux plus grandes forces d’Anabel, ce sont ces acteurs d’un côté, et sa mise en scène.

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Ana de Armas et Rocio Leon fournissent toutes les deux de l’excellent travail, que ce soit Ana de Armas (toujours aussi charmante) dans le rôle de cette fille libérée qui aime faire la fête ou Rocio Leon dans le rôle de la fille sérieuse et toujours plongée dans ses livres. Enrique Vollén n’est pas en reste, l’acteur que l’on aura pu apercevoir dans pas mal de métrages de Alex de la Iglesia reste tout le long tout en retenue et fournit du très bon boulot pour être étrange sans franchir certaines limites. À côté, la mise en scène fait du bon boulot pour dynamiser des scènes souvent longues et se déroulant au final dans un maximum de 4 pièces différentes. Abordant tout le long un magnifique noir et blanc, le film passe lors de quelques rares séquences à la couleur, souvent très colorée, donnant un côté surréaliste à des scènes qui débarquent sans prévenir, et sans justification, donnant un côté très singulier au métrage, le rapprochant du cinéma Italien des années 70, alors que le reste du film va plus chercher dans le cinéma claustrophobe à la Roman Polanski. Aucune surprise à voir dans le générique de fin les noms de Clive Barker, Jess Franco, Lucio Fulci, Roman Polanski, Andrzej Zulawki ou même Jean Rollin. Les amateurs de films de genre plus rentre dedans et surtout plus évidents seront par contre très déçu par le voyage proposé.

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14
Les plus

Excellent casting
Une mise en scène intéressante
Les relations entre les personnages

Les moins

Un film exigeant

 
En bref : Antonio Trashorras digère bien mieux ses influences avec son second long métrage, très bien filmé, et intéressant sur bien des points.

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