CABIN FEVER de Eli Roth


cabin-fever-1CABIN FEVER

Titre original : Cabin Fever
2002 – Etats Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Eli Roth
Musique : Nathan Barr et Angelo Badalamenti
Scénario : Eli Roth et Randy Pearlstein
Avec Rider Strong, Jordan Ladd, James DeBello, Cerina Vincent et Joey Kern

Synopsis : Une bande de jeunes (trois garçons et deux filles) ont loué une cabane dans la forêt pour y fêter la fin de leurs études et profiter des derniers jours de liberté avant d’entrer dans le monde du travail. Mais la fête tourne au cauchemar quand un ermite infecté par un mystérieux virus fait son apparition. Les cinq jeunes gens vont devoir faire face à ce terrible virus qui dévore les chairs de ses victimes.

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Eli Roth s’était fait remarquer dés son premier film. En effet, avec un budget ridicule d’un million et quelques, le métrage fut remarqué en festival, acheté par Lion Gates Films et connu un grand succès. Il se forgea une bonne réputation en ayant parmi ses fans Peter Jackson, qui, enthousiaste, projeta le film à son équipe durant le tournage du Seigneur des Anneaux. Un film qu’Eli Roth eu toutes les peines du monde à terminer, entre la difficulté de trouver un financement pour un film d’horreur totalement indépendant sans studio (ce qui lui prit plusieurs années), des soucis sur le tournage avec un chien beaucoup trop vieux et fatigué qui fut remplacé quelques jours suivant, des conflits entre le réalisateur et une de ses actrices (Cerina Vincent). Bref, de belles galères. Au final, Cabin Fever, qu’est ce que c’est ? Déjà, c’est un terme décrivant des réactions de paniques et de claustrophobies lorsque des personnes sont isolées dans un petit espace coupé du monde. Et à l’écran, c’est exactement ça, en mode Evil Dead où les démons auraient été remplacés par une maladie du sang. Mais comme nous sommes dans un film d’Eli Roth et que l’on connait bien le monsieur depuis, on sait un peu à quoi s’attendre. C’est à dire une première partie relativement lente basée sur des personnages crétins avec pas mal d’humour (comme dans Hostel par exemple), avant de virer à l’horreur, qui ne fait pas peur et ne se prend pas vraiment au sérieux.

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Cabin Fever est exactement ça. Nous suivons une bande de cinq potes qui partent pour une semaine dans une maison dans les bois. Comme Evil Dead oui. Bien que prenant tout son temps, la première partie fait rire, assurément, grâce à quelques gags bien trouvés (le papy et son fusil à l’épicerie), et n’ennuie pas malgré la stupidité des personnages. Car oui, ils sont stupides, pensent au cul, racontent des blagues de cul. Eli Roth lui-même vient s’inviter dans le métrage en jouant un étrange personnage, dont les personnages veulent se débarrasser, jusqu’à ce que celui-ci sorte de sa poche un gros paquet de weed. Ah là, tout de suite, il devient leur meilleur ami ! Mais Cabin Fever reste avant tout un film d’horreur, et s’il est difficile de prendre toute cette histoire au sérieux (difficile vu le ton abordé par le métrage et sa galerie de personnages), il faut avouer que certaines bonnes idées se retrouvent là, et que certains effets gores procurent leur petit effet. Ça gicle bien, certains effets sont assez dégueu vu la contamination qui atteint les personnages, mais on se rend bien vite compte qu’il y a finalement bien plus dangereux que le virus qui traîne. Si bien entendu celui-ci est une menace et que sa contamination par l’eau peut faire peur, ce sont finalement les personnages en eux-mêmes qui sont un vrai danger !

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Beaucoup d’événements auront lieu non pas à cause du virus en lui-même mais à cause des réactions des personnages. Une contamination, et on isole la personne dans un coin paumé, la laissant se décomposer voir se faire attaquer par un chien. On part chercher de l’aide, et un malentendu les fait avoir une bande de bouseux armés de fusils à leurs trousses. Eli Roth semble s’amuser comme un gros blagueur à déstructurer son récit et ses événements, jouant sur ce que l’on attend de chaque personnage. Ainsi, la jolie blonde que l’on considère au départ comme sérieuse et amoureuse se retrouve vite être une consommatrice de drogue et la première contaminée, alors coupée du reste du groupe. Le crétin du groupe, qui au départ s’amuser à chasser des écureuils au fusil car il pense qu’ils sont gays (oui véridique) perd rapidement son humour et devient le premier vrai paniqué du groupe, qui pourtant va retrouver du courage et du sérieux lors des derniers instants. Ces changements perpétuels, agrémentés de moments tout aussi comiques (le gamin qui d’un coup fait du kung-fu) que gores (ça tâche) fait qu’il est souvent difficile de prévoir à l’avance la suite du métrage. Sa force devient alors la grande faiblesse de ce Cabin Fever, toujours le cul entre deux chaises, entre idées intéressantes et gros délires, entre gore qui tâche et blague potache, parfois allant jusqu’à mélanger les deux dans les mêmes instants. Néanmoins, il faut reconnaître que le métrage est divertissant, bien rythmé et fort plaisant.

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12
Les plus

Quelques moments bien marrants
Du gore qui fait mal
Un film très divertissant

Les moins

Des changements de tons parfois maladroits
Pas exceptionnel

 
En bref : Entre humour et gore, clichés et détournements, Cabin Fever est divertissant et surprenant, bien que pas toujours parfait à tous les niveaux.

2 commentaires

  1. Excellent cette critique ! Très juste ! Comme tu le dis, le récit est complètement destructuré mais c’est justement ce qui m’a plu : les retournements de situation (si je puis utiliser ce mot) et l’impression de ne jamais vraiment savoir où le réalisateur nous amène. Après c’est clair qu’il n’est pas très flippant mais en tout cas très divertissant !

    1. Oui totalement, c’est la force et la faiblesse d’Eli Roth en fait, de son cinéma. C’est toujours divertissant, mais il ne se prend jamais au sérieux, donc ça ne fait jamais flipper. Pour ça que je pense que les critiques sont moins gentilles avec lui sur ces deux derniers films.

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