FLESH FOR THE INFERNO de Richard Griffin


flesh-for-the-infernoFLESH FOR THE INFERNO

Titre original : Flesh for the Inferno
2015 – Etats Unis
Genre : Nonnes tueuses à la Fulci
Réalisation : Richard Griffin
Musique : Timothy Fife
Scénario : Michael Varrati
Avec Anna Rizzo, Michael Thurber, Jamie Lyn Bagley, Jamie Dufault, Sean Leser, Monica Saviolakis, Tiffany Lee Ferris, Samantha Acampora et Sarah Nicklin

Synopsis : Dans une école catholique, des nonnes se rendent compte que le prêtre est un peu trop proche des enfants. Alors qu’elles pensent lui en parler, le prêtre en question emmure les nonnes, qui vendent alors leur âme au diable pour se venger. Des années plus tard, l’école est décrépie, et un groupe de jeunes arrive pour remettre la bâtisse sur pied.

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Richard Griffin continue de tourner à une vitesse éclair, et après avoir filmé en 2014 The Sins of Dracula, plein d’humour noir, il décide de refaire équipe avec le même scénariste, Michael Varrati. Cette fois-ci, un peu moins d’humour, mais un hommage sérieux aux films de Lucio Fulci. Richard Griffin avait déjà furtivement rendu hommage au maître Italien en 2008 sur Beyond the Dunwich Horror, puis en 2011 sur The Disco Exorcist, et ici, il pousse le tout plus loin. Ce ne sera pas une pierre tombale ou un morceau musical rappelant Fulci, mais bien plus. L’intrigue rappelle celle de Daemonia, un des derniers films de Fulci datant de 1990, tandis que certains moments ramèneront clairement à des œuvres plus connues de sa filmographie, comme un vomissement venu tout droit de Frayeurs. Avec ces bonnes intentions, son envie de sérieux, le savoir faire du metteur en scène, quelques habitués au casting (Michael Thurber, déjà dans The Sins of Dracula, The Disco Exorcist ou encore l’excellent Exhumed) et un budget de seulement 10 000 dollars, Flesh for the Inferno réussit-il son pari ? Et bien ça me tue de dire ça, mais non, jamais pleinement. J’aime beaucoup la carrière du réalisateur, prouvant qu’avec peu de moyen mais un peu de débrouillardise, on peut arriver à fournir des œuvres sympathiques, parfois bien fun (Nun of That) et parfois sérieuse et ambitieuse (Exhumed). Mais Flesh for the Inferno souffre de quelques défauts qui l’empêchent d’être l’hommage au genre qu’il voudrait être, sans pour autant être un calvaire. Oui, le film est court, il y a pas mal d’effets gore, quelques lignes de dialogues amusent, certains moments sont clairement bien trouvés, on aura un caméo de Sarah Nicklin, mais…. Mais à côté de ça, quelques défauts franchement gênants.

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Flesh for the Inferno se veut donc sérieux ! Pourquoi pas, Richard Griffin a déjà livré des films sérieux par le passé, et l’a même très bien fait. Mais il délaisse le noir et blanc classique d’Exhumed pour tourner en couleur, en essayant de se tenir la plupart du temps loin des délires psychédéliques et colorés. En résulte une photographie plutôt criarde et baveuse donnant un cachet clairement amateur au métrage par moment. Plutôt l’opposé de ce que le réalisateur et sa boite de production nous avait habitué jusque là. Mais passons ce « gros » détail technique pour nous intéresser au film. Flesh for the Inferno est donc une grosse série B (Z ?) avec 3 nonnes tueuses revenues de l’au-delà et qui vont déglinger des jeunes se trouvant dans les lieux. Rien de bien original oui. Ajoutons à cela deux flics patrouillant dans le coin qui ne feront pas long feu (deux scènes) et une prostituée qui ne fera pas long feu non plus (Sarah Nicklin, deux scènes) et voilà. Durant sa première heure, Flesh for the Inferno peine souvent à convaincre malgré quelques notes positives. L’intrigue toute simple mais du temps à se mettre en place, les acteurs ne sont pas franchement bons (les habitués eux s’en sortent bien mieux, avec Michael Thurber, Anna Rizzo ou encore Jamie Dufault, mais les nouveaux moins), les stéréotypes pleuvent. Le gore tarde à arriver. Mais malgré tout, certains détails sauvent le film. On remarquera une ambiance sonore et musicale travaillée mettant une petite ambiance (un score musical encore signé Timothy Fife), et malgré son faible budget, Richard Griffin soigne certains plans, nous livrant de magnifiques plongées ou encore des plans où la caméra tourne sur elle-même.

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Rien de novateur en soit, mais des efforts certains qui font bien plaisir quand l’on attend que le gore débarque. Quand enfin le gore pointe le bout de son nez, ça tâche bien, c’est souvent grotesque et over the top, et pour peu que l’on adhère, ça fait franchement plaisir, surtout que les trois nonnes y vont franchement. On aura une tête éclatée, un œil arraché, des coups de pistolets (en CGI, dommage). C’est finalement lorsque le nombre de personnages se limitera à 4 survivants que le métrage retrouvera un ton plus fun et surtout plus dérisoire, avec des meurtres plus sadiques (un clin d’œil à Frayeurs, Sarah Nicklin crucifiée) et une apparition surprise lors des dix dernières minutes. Le film retrouve un peu le ton satirique des autres productions Richard Griffin et la pilule passe alors beaucoup mieux. Malgré tout, Flesh for the Inferno reste une petite déception. On pouvait attendre plus de folies, un meilleur emballage de la part du réalisateur. Ou qu’il conserve la même équipe que d’habitude à tous les niveaux. Anecdotique, bien que divertissant pour les amateurs de petits films fauchés, fait par un fan pour les fans.

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12
Les plus

Un hommage à Fulci
Quelques plans gore sympas
Ça se bouge bien dans les 30 dernières minutes

Les moins

Quelques acteurs moins convaincants
Une photographie pas toujours au top
Ça met pas mal de temps à démarrer

 
En bref : Déception de la part de Richard Griffin. Avec ce projet plus sérieux et plus « normal » en terme d’éclairage, il donne un cachet plus bancal et amateur à son film. Cela reste regardable et parsemé de bons moments et idées, mais déception tout de même.

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