ERGO PROXY de Murase Shukô


Ergo ProxyERGO PROXY

Titre original : Erugo Purakushî – エルゴプラクシー
2006 – Japon
Genre : Animation
Réalisation : Murase Shukô
Musique: Ike Yoshihiro
Scénario : Satô Dai

Avec  les voix de Yusa Kôji, Saitô Rie, Mizuuchi Kiyomitsu, Yajima Akiko, Hanada Hikaru et Kobayashi Sanae

Synopsis : Le monde est dévasté par un virus. Les survivants vivent dans une ville futuriste nommée Romdo, construite sous un dôme. Les humains et les autoreivs coexistent paisiblement. Mais cette société parfaitement établie et contrôlée est sur le point de voir sa fin, lorsque le virus Cogito contamine les autoreivs, leur donnant une âme. L’évasion d’un mystérieux individu surnommé par les services secrets le Proxy va changer le destin de Romdo et de ses habitants. Vincent Law, un immigrant, semble être poursuivi par le Proxy, et va tenter de s’évader de Romdo avec l’aide de Pino, un autoreiv infecté. L’inspecteur Re-I Mayer, la fille du Maire, se lance à sa poursuite, déterminée à découvrir la vérité derrière Romdo et le Proxy…

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Même s’il ne faut jamais faire de généralité, il faut bien avouer que les séries d’animation visant un public clairement adulte ne sont pas si fréquentes que ça. Certes, il y aura bien les séries un peu ecchi (coquines), comme Girls Bravo ou Kiss X Sis, mais ce n’est pas le genre qui nous intéresse aujourd’hui. Que le sang gicle ou pas, je veux bien parler des séries visant un public adulte de par la noirceur de leur intrigue et de leur univers. Il y a bien entendu Gantz, Higurashi No Naku Koro Ni ou encore Elfen Lied, mais face à la grande influence des autres séries (visant souvent un public adolescent, en nous racontant des histoires de lycéens, des romances et tout ça), elles se font plutôt rares. Ergo Proxy fait parti de celles-ci, s’adressant clairement aux adultes de par ses thèmes, son genre même (une intrigue très cyber punk dans un monde post apocalyptique), son intrigue complexe qui tarde à révéler ses clés (voir qui n’aurait sans doute pas voulu les révéler), son univers sombre et dévasté… Ergo Proxy est avant tout une série exigeante envers le spectateur, lui demandant un effort, non pas pour rentrer dans l’ambiance, excellente et scotchante dés les premiers instants de l’épisode 1 et rappelant de grandes épopées (comme Ghost in the Shell et j’en passe), mais pour suivre l’intrigue, adhérer à son rythme, à ses questionnements perpétuels qui ne trouveront parfois une réponse que dans les derniers instants, soit 23 épisodes après le début !

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Ergo Proxy nous propose donc de suivre avant tout trois personnages (l’on pourrait dire 5 mais bon) dans un monde post apocalyptique. La Terre est totalement dévastée, et les survivants vivent dans des villes dômes. Deux villes sont évoquées dés le début : Romdo et Mosk. Quand tout commence, nous avons un peu l’impression de prendre l’univers en cours de route. Le virus Cogito contamine les autoreivs, des robots accompagnant les humains dans toutes leurs tâches, les aidant (et les surveillant), et l’inspectrice Re-I Mayer est chargée d’enquêter sur plusieurs meurtres. Au même moment, le Proxy, un individu étrange, rapide et meurtrier (voir immortel) s’échappe de Romdo et sème la panique, et semble apparaître toujours auprès d’un jeune immigrant, Vincent Law. Tout se trouve être rapidement lié, puisque Raul Creed, à la tête du Bureau de la Sécurité, a pour ordre de retrouver le Proxy sans vraiment savoir ce qu’il est, et que le Proxy se montrera rapidement à Re-I Mayer. Qui ne tarde pas à comprendre que quelque chose cloche lorsque la ville tente de camoufler l’enquête et l’existence même de la créature. Ergo Proxy se montre clairement ambitieux dés les premiers instants, n’hésitant pas à multiplier les thèmes, les sous intrigues, ou même à changer de personnage principal en cours de route, et même de lieux.

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En 23 épisodes, Ergo Proxy a donc l’ambition il semblerait de traiter un peu de tous les thèmes possibles et imaginables au sein du genre qu’il aborde, la science fiction. Oui, nous aurons l’humanité contre la technologie, le contrôle de la population, la liberté, la réalité qui perd pieds, l’amitié, et la liste s’allonge plus les épisodes défilent, allant jusqu’à parler de la création, des dieux. Réellement ambitieux, et même sans doute trop, puisque Ergo Proxy n’est pas parfait. La série semble être découpée en trois grands arcs, le premier tenant basiquement sur 5 épisodes et se déroulant à Romdo et ses alentours, avant de partir pendant quasi 15 épisodes sur une quête, celle de Vincent Law à l’extérieur de Romdo, pour revenir à Romdo pour son final. Ce qui commence comme une simple enquête sur des meurtres et sur la capture du Proxy se baladant dans la ville change rapidement pour se changer en quête initiatique. Vincent Law referme un grand secret, et il entame un voyage vers Mosk afin de découvrir son passé et son identité, accompagné par Pino, un autoreiv contaminé, et par Re-I Mayer.

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C’est ironiquement dans cette partie, la plus longue, que Ergo Proxy multiplie les moments de bravoures, mais également les ratés, il faut bien l’avouer. Car si Ergo Proxy commence magnifiquement bien, il semble alors quelque peu étirer son concept en se focalisant sur les personnages. Que ce soit Vincent Law, Re-I Mayer ou Pino, ou encore les personnages restés dans la ville comme Raul Creed le chef de la sécurité ou Daedalus le chef médical, tous les personnages sont intéressants, évoluent constamment, obéissant à leur raison d’être ou s’en cherchant une nouvelle quitte à aller chercher du côté de la destruction (ou de l’auto destruction), mais l’intrigue d’Ergo Proxy stagne alors un peu. Vincent Law mettra bien 15 épisodes avant d’arriver aux ruines de Mosk, rencontrant divers Proxy sur sa route, diverses villes dômes détruites et vidées de leurs habitants, et la série va alterner les idées immersives et bien trouvées (la ville avec le Proxy créant des doubles) et les moments un peu trop tirés par les cheveux et n’apportant au final pas grand-chose aux personnages même. En réalité, on pourrait dire que la quête de Vincent serait parfaite, avec 4 épisodes en moins, clairement inutiles et mélangeant réalité et imagination pour nous perdre.

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Notamment dans la dernière partie de la quête de Vincent, la série n’hésite alors pas à nous balancer trois épisodes de suite se déroulant en réalité dans l’imagination de ces trois personnages principaux, et autant l’idée aurait pu être sympathique, autant aussi tardivement au sein de l’intrigue et aussi proche du final, ces épisodes ne fonctionnent pas. Ergo Proxy avec seulement 18 épisodes aurait facilement été une série culte et magnifique. Là, durant le voyage de Vincent, on alterne le pertinent avec des épisodes à même de nous retourner le cerveau, et des moments hallucinatoires plus légers qui ne fonctionnent jamais vraiment (le quizz). Ce qui est dommage, puisque lorsque la série nous amène à son final, excellent, il ne lui reste plus que trois épisodes pour répondre à toutes nos questions. Tout semble aller un peu trop vite, les moments dramatiques s’enchaînent, la vérité éclate au grand jour et les réponses s’accumulent, tout en laissant pas mal de zones d’ombres.

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Il est donc relativement difficile d’aborder Ergo Proxy, qui semble clairement déséquilibré par instants, notamment vers les épisodes 16 à 20. Ce qui pourtant n’empêche en rien la série d’être un petit bijou (limite, il faut zapper 3 ou 4 épisodes pour mieux profiter de l’aventure). Car Ergo Proxy, malgré ses défauts, c’est une série qui tente d’être ambitieuse (trop ambitieuse ?), c’est un design et une direction artistique à tomber par terre, un score musical très prenant de Ike Yoshihiro, mais c’est également des personnages très attachants qui évoluent constamment. Oui, malgré ses défauts, prendre part au voyage vers la vérité en compagnie de Vincent Law tiraillé par son passé, de Re-I Mayer qui cherche à tout prix la vérité et cessant ainsi d’accomplir sa raison d’être et de Pino, cet autoreiv infecté qui développe alors une âme, c’est quelque chose de magique. Absolument pas parfait, mais l’effort intrigue et passionne malgré tout.

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150

Les plus:

Un univers intéressant

Des idées à la pelle

Un mystère bien gardé

Une direction artistique exemplaire

Une galerie de personnages attachants

Les moins:

3 ou 4 épisodes mi-parcours assez inutiles

Un final assez précipité

 

En bref: Ergo Proxy aurait pu être encore mieux, quelques épisodes inutiles mi-parcours viennent casser le rythme, mais on apprécie néanmoins l’univers, et sa mise en image, et surtout ses personnages.

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