STARMAN de John Carpenter


StarmanSTARMAN

Titre original : Starman
1984 – Etats Unis
Genre : Romance / Science Fiction
Réalisation : John Carpenter
Musique : Jack Nietzsche
Scénario : Bruce A. Evans et Raynold Gideon
Avec Jeff Bridges, Karen Allen, Charles Martin Smith, Richard Jaeckel, Robert Phalen et Tony Edwards

Synopsis : Un vaisseau extra-terrestre s’écrase sur Terre. Il se réfugie chez une jeune veuve et prend l’apparence de son mari défunt. Avec son aide, il a trois jours pour rejoindre le point de rendez-vous avec les siens sinon il mourra. L’armée Américaine est à ses trousses…

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Starman est un film injustement oublié de la carrière de John Carpenter. Moi-même, j’avais fais durant des années l’impasse dessus sans l’avoir vu, l’idée de voir un film romantique de science fiction réalisé par maître Carpenter ne me donnait assurément pas envie. Et pourtant, qu’est ce que j’avais tort…. Réalisé en 1984, Starman est une autre œuvre de commande réalisée après l’échec commercial de The Thing au moment de sa sortie. En 1983, Carpenter avait signé la solide adaptation de Christine, et à présent, il s’attaque à ce film, qui peut être vu comme étant l’opposé de The Thing. Un récit de science fiction, avec un alien mais gentil, joué par Jeff Bridges. Pas d’horreur, ni de gore, ni d’ambiance flippante. Carpenter n’a d’ailleurs pas touché au scénario, et surprise, ni même composé la musique (excellent choix, son style n’aurait pas convenu à l’intrigue). Grand casting (outre Jeff Bridges, Karen Allen), Michael Douglas à la production, et Starman est un succès. Donc un peu oublié et boudé aujourd’hui. Et pourtant, dés les premiers instants, malgré l’aspect impersonnel de cette histoire, on reconnaît la patte de Carpenter. D’ailleurs, de nombreux plans trouvent échos avec The Thing. Ce générique d’ouverture dans l’espace, ce vaisseau allant vers la Terre. Même un plan simple sur un cratère en Arizona, sans vaisseau pourtant, nous rappelle l’immense crevasse de The Thing où Kurt Russell découvrait le vaisseau alien prit dans la glace. Donc ici, le film traite finalement de sujets assez inhabituels venant de Carpenter. Surtout que le rôle le plus intéressant sera celui de Karen Allen. Oui, une femme !

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D’un côté, nous avons donc l’alien prenant la forme du défunt mari joué par Jeff Bridges, et qui va petit à petit essayer de comprendre l’être humain, déchiffrer ses émotions, la façon dont nous fonctionnons, et de l’autre, cette jeune femme hautement perturbée, et on la comprend, par l’apparence que prend cet être venu d’ailleurs. Un récit qui aurait pu vite tomber à l’eau sans un traitement en béton, et surtout un bon dosage entre ce que l’on nous montre et le sentimentalisme. Mais dans les années 80, Carpenter est un maître : New York 1997, The Thing, Christine, Jack Burton, Prince des Ténèbres. Starman, s’il se fait plus « gentil », plus sentimental, traitant du deuil, du sentiment amoureux, ne fait absolument pas tâche. Visuellement, on peut le dire, c’est splendide. Les images, tout comme la photographie, les ambiances, c’est nickel, c’est propre, c’est splendide. Si l’on ajoute à tout cela la musique au synthé composée par Jack Nietzsche, et on se retrouve devant un petit bijou, maîtrisé, qui capte notre attention dés les premiers instants. Le scénario est simple (mais les scénarios sont souvent simples chez Carpenter, simples mais solides), mais sa mise en image détonne. Le scénario, simple, permet à l’histoire de se focaliser avant tout sur certains thèmes et de ne jamais s’éparpiller, ce qui sera également une des réussites de l’œuvre. La relation entre cette veuve et cet être venu d’ailleurs impressionne par sa simplicité, son ton et sa sincérité.

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Prenant au départ la voie de l’humour, avec Jeff Bridges copiant tout ce qu’il voit et entend afin d’apprendre sur nous et paraître plus humain, on se délecte de sa prestation. Voir ses mouvements au départ saccadés, son utilisation du vocabulaire et de la grammaire qui laisse à désirer, cela à quelque chose d’assez naïf et jouissif qui interpelle grâce au talent de l’acteur. Cela aurait pu être ridicule, mais non, on se prend totalement au jeu. Et petit à petit, on s’en doute, les liens entre les deux personnages vont changer, devenir plus forts. Le choc émotionnel laisse place au doute, à la peur, puis à la tendresse, et Carpenter dynamite tout ça avec des scènes sublimes. De nombreux moments viendront faire surgir l’émotion du récit, le premier d’entre eux étant Jeff Bridges se servant de ses pouvoirs (limités par des petites boules qu’il a avec lui) pour réanimer un chevreuil tué par un chasseur. Encore un moment qui aurait pu être mielleux chez quelqu’un d’autre, mais qui grâce à l’emballage de Carpenter et du score musical, prend une dimension totalement différente. Premier grand moment, qui n’est rien en comparaison des moments qui suivront, comme la scène dans le train, et bien entendu ce final. Un moment optimiste, très optimiste même, mais sur lequel je ne peux m’empêcher de verser ma petite larme (même pas honte !). Alors oui, le scénario n’est pas parfait et fait parfois dans la simplicité pour résoudre les soucis, comme pour échapper aux flics, ou encore le moment où Karen Allen cherche à se faire conduire. Mais le cœur du récit n’est pas là évidemment. La preuve de plus que dans les années 80, John Carpenter n’a pas fait un seul faux pas !

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Les plus:

Un film émouvant

Jeff Bridges et Karen Allen

Le score de Jack Nietzsche

Une mise en image splendide

Les moins:

Quelques facilités scénaristiques

 

En bref : Starman est un film touchant et émouvant venant de John Carpenter. Un film donc injustement oublié, avec deux grands acteurs.

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