DOUCE NUIT, SANGLANTE NUIT 4 : L’INITIATION de Brian Yuzna


Douce Nuit Sanglante Nuit 4DOUCE NUIT, SANGLANTE NUIT 4 : L’INITIATION

Titre original : Silent Night, Deadly Night 4 : Initiation
1990 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : Brian Yuzna
Musique : Richard Band
Scénario : Woody Keith

Avec Neith Hunter, Clint Howard, Tommy Hinkley, Reggie Bannister, Allyce Beasley et Maud Adams

Synopsis : Une femme tombe en feu d’un toit. Combustion spontanée ! Kim elle travaille pour un journal, et veut faire de ce cas son premier article. Sa vie va basculer dans l’horreur tandis que ses recherches l’emmènent sur les traces d’une étrange secte…

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Passé son sympathique premier opus, la saga Douce Nuit Sanglante Nuit s’était elle-même enterrée en mettant en scène le frère du premier tueur dans les deux suites. Eric Freeman cabotinait dans le second opus, tandis que Bill Moseley se ridiculisait avec son cerveau dans un bocal à poisson rouge dans le troisième. Mort à la fin du troisième opus (mais déjà mort dans le second après tout), une suite était difficilement envisageable. Et pourtant ! Les producteurs ressortent l’idée originale qu’ils avaient prévus pour le troisième opus, et s’en vont chercher Brian Yuzna, producteur des films cultes Re-Animator ou encore Frombeyond, et depuis 1989, réalisateur avec l’étrange et sympathique Society et la suite décevante Re-Animator 2. Yuzna, malin, amène avec lui son scénariste après avoir retravaillé l’intrigue du film, amène également Richard Band (le compositeur de Re-Animator 1 et 2) et Screaming Mad George aux effets spéciaux. Ils coupent définitivement le cordon avec les anciens opus, puisqu’à l’exception de quelques guirlandes, du fait que le métrage doit se dérouler en période de fête et qu’un personnage tombe sur un passage du troisième opus, ce nouvel opus n’a rien à voir. Pas de tueur en série, même pas d’aspect slasher au final ! Ce qui bien entendu ne joua pas en faveur du métrage, malgré la qualité discutable des précédents opus. En s’appelant simplement L’Initiation, aucun doute que le public aurait été plus clément envers le métrage de Yuzna. Car si bien entendu, ça ne casse pas trois pattes à un canari, le métrage a de bons atouts dans sa sacoche !

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Mais pour les trouver, il ne faudra pas trop se pencher sur le scénario. On s’en doute de toute façon, le scénario n’ayant jamais été réellement le point fort de la saga. Ici pourtant, il se fait très ambitieux, peut-être trop puisque le scénario se perd en cours de route. Une journaliste veut faire un reportage sur une jeune femme morte de combustion spontanée dans la rue. Un clochard (Clint Howard, « belle » gueule du cinéma de genre) est témoin. Son enquête va rapidement la mener chez une libraire qui va tenter de l’initier à une secte féminine voulant se débarrasser grosse modo de l’emprise des hommes. Le souci c’est que rapidement, l’intrigue se perd, ne mène pas forcément quelque part, et que même certaines motivations restent assez floues. Elles veulent se débarrasser des hommes, mais Ricky (Clint Howard) fait parti de la secte et participe aux rites d’initiation. Le boucher du coin semble également de la partie. Dur de comprendre les tenants et les aboutissants de l’ensemble. Pour jouer les différents personnages, Yuzna prend des valeurs sûres du genre. Kim la journaliste est jouée par Neith Hunter, apparue les années précédentes dans Vampires vous avez dit Vampires ? 2 et en victime dans Aux Frontières de l’Aube (et les années suivantes dans Carnosaur 2…), son patron est joué par Reggie Bannister (Phantasm), son petit ami par Tommy Hinkley (L’Arme Fatale 2, Watchers 2) et la chef de la secte par Maud Adams, ancienne James Bond Girl dans deux métrages de la saga, L’Homme au Pistolet d’Or (1974) et Octopussy (1983). Un casting intéressant mais peu couteux probablement.

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Bien entendu les personnages n’ont rien d’exceptionnels non plus, là où le scénario se fait plaisir, ce sont dans les scènes étranges d’hallucinations. Là, Screaming Mad George se fait clairement plaisir aux effets spéciaux, et Yuzna à filmer le tout. On a l’impression de voir même par moment une continuité de Society, avec des corps qui s’entremêlent, des accouchements glauques et étranges, et même des cafards géants ! Yuzna ne s’arrête pas là, puisqu’il en profite pour envelopper son métrage dans une ambiance particulière. Car si les personnages sont en soit plutôt stéréotypés et pas plus développés que ça, il nous propose une galerie de personnages néanmoins glauques et parfois inquiétants, et les fait évoluer dans une ambiance limite malsaine avec ces cultes mélangeant déformations physiques et sexe (Yuzna quoi). Dommage qu’entre ces différents moments, Yuzna semble moins inspiré et ne parvient pas à éviter les pièges de son récit, qui se traîne parfois un peu en longueur. C’est bien dommage, car si l’on se prend parfois au jeu, les scènes glauques ne servent pas à faire monter le récit, mais plutôt à relever le niveau de l’œuvre. Comme si Yuzna s’était finalement fait uniquement plaisir en expérimentant une fois de plus avec des effets bien gluants. Mais grâce à son ambiance et ses scènes surprenantes, dur de détester ce quatrième opus n’ayant rien à voir avec les autres. Opus s’était fait descendre à sa sortie, et maintenant relativement rare à trouver.

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10

Les plus:

La patte Yuzna

Un film plus ambitieux

Des scènes malsaines réussies

Les moins:

Un scénario assez bancal

Des personnages stéréotypés

Un film qui ne sait pas toujours où aller

 

En bref: La saga remonte un peu la pente, bien que ce quatrième opus n’a plus rien à avoir. D’un père Noël tueur, on passe à une secte de femmes, des cafards géants, des transformations physiques glauques et du sexe. Vive Yuzna !

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