SEA FOG : LES CLANDESTINS de Shim Sung-Bo


Sea-Fog-afficheSEA FOG : LES CLANDESTINS

Titre original : Haemoo – 해무
2014 – Corée du Sud
Genre : Drame
Réalisation : Shim Sung-Bo
Musique : Jaeong Jae-Il
Scénario : Shim Sung-Bo et Bong Joon-Ho

Avec Kim Yun-Seok, Park Yoo-Chun, Han Ye-Ri, Mun Seong-Kun et Kim Sang-Ho

Synopsis : Corée du Sud, 1998, juste après la crise économique asiatique. Pour sauver de la faillite leur vieux bateau de pêche, un capitaine et son équipage se lancent dans le transport de migrants chinois illégaux. Chargé de leur distribuer des vivres, le novice Dong-sik se prend d’affection pour la jeune Hong-mae…

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Un peu plus de dix ans après l’excellent Memories of Murder, le réalisateur Bong Joon-Ho retrouve le scénariste Shim Sung-Bo. Sauf que cette fois-ci, ils inversent les rôles. Sea Fog est donc la première mise en scène de Shim Sung-Bo, et en écrivant le scénario avec le réalisateur de The Host ou Snowpiercer, on se doute que le résultat sera au moins intéressant dans le fond. Bonne pioche, Sea Fog, sous titré Les Clandestins en France, réussit à être intéressant dans le fond et passionnant dans sa mise en scène. Premier essai réussi donc. Le duo nous invite donc à suivre les aventures d’un bateau de pêche et de son équipage, alors en pleine crise. Clairement découpé en deux parties pour changer brutalement de genre mi-parcours, Sea Fog nous présente dans un premier temps ces personnages pour mieux rendre son histoire poignante et surtout prenante. Ou du moins une partie de ces personnages, puisqu’ils ne seront pas tous aussi bien développés que le capitaine, joué par l’habitué Kim Yun-Seok (The Chaser, The Murderer, The Thieves). Aucune surprise, l’acteur est investit et livre une prestation juste de son personnage de capitaine dont la vie est dédiée à son bateau. Si bien que pour lui, son équipage est comme une famille. Mais la pêche ne rapporte plus beaucoup d’argent et son bateau, étant comme sa maison, est menacé d’être vendu.

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Aucun doute, on reconnaît très rapidement dans cette présentation le style et le goût des deux auteurs pour les personnages un peu à part, victimes en quelque sorte des tracas de la société. La solution ? Se lancer dans le transport de migrants illégaux afin de rapporter de l’argent et de pouvoir vivre et survivre. Mais au delà de son message et des critiques lancées par le scénario, c’est bien l’atmosphère dans laquelle le métrage baigne qui rend Sea Fog incroyablement prenant. Car dans le fond, il faut bien avouer que certains personnages sont un peu laissés de côté et paraissent caricaturaux, tandis que certains éléments du scénario paraissent un peu trop bien préparés. Shim Sung-Bo maîtrise sa mise en scène, sans la parasiter d’effets de style. Il rend son huit clos étouffant, 90% du métrage se déroulant à bord du bateau. Comme montré dans la bande annonce, le métrage part alors dans une direction encore plus sombre, violente, limite paranoïaque. Sans révéler le basculement du film (pour une fois qu’une bande annonce ne révèle pas trop), Sea Fog gagne alors en tension.

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Kim Yun-Seok semble habité, encore plus fou que dans certaines de ses précédentes prestations (il était bien allumé dans The Murderer), tandis que l’irruption rapide dans le récit d’une romance entre un des membres de l’équipage (Park Yoo-Chun) et une des migrantes (Han Ye-Ri) ne vient pas parasiter l’histoire mais justement donner un peu plus de consistance à ses deux rôles, pouvant ainsi rendre l’ensemble plus attachant. Car finalement, il faut bien avouer que le métrage tourne majoritairement autour de ces trois personnages, les autres n’étant que des éléments venant augmenter les différentes tensions entre eux, en installant le doute, la peur, parfois le dégoût même. Si bien qu’en début d’une dernière partie débarquant sans doute un peu trop rapidement, l’ensemble fonctionne et cette seconde partie prend le spectateur à revers comparativement à son début plus calme et social. Le réalisateur n’hésitera pas à attaquer certains sujets du métrage de manière plutôt frontale, venant accentuant le ressenti du spectateur envers les différents personnages, équipage comme migrants. Un premier film pour Shim Sung-Bo qui laisse présager le meilleur pour la suite.

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16

Les plus:

Une ambiance vraiment pesante

Les acteurs excellents et investis

Deux parties très différentes

Les moins:

Quelques personnages trop en retrait

 

En bref:Un huit clos dramatique et pesant dans un bateau. Malgré quelques rares faiblesses, l’ensemble tient toutes ses promesses.

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