LE MASQUE DU DÉMON de Mario Bava


masque du démonLE MASQUE DU DÉMON

Titre original : La Maschera del Demonio
1960 – Italie
Genre : Fantastique
Réalisation : Mario Bava
Musique : Roberto Nicolosi
Scénario : Ennio de Concini et Mario Serandrei

Avec Barbara Steele, John Richardson, Andrea Checchi et Ivo Garrani

Synopsis : Au XVIIe siècle, la sorcière Asa et son diabolique amant, Igor Iavoutich ont été suppliciés. Avant de mourir, l’infâme créature lance une terrible malédiction. Deux siècles plus tard, le professeur Kruvajan, accompagné de son fidèle assistant Andrei Gorobek, provoque involontairement en se blessant à la main, le réveil de la sorcière. Ce sera le début d’un effroyable cauchemar pour les habitants du château des Vajda, dont la princesse Katia ressemble étrangement à la revenante …

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En 1960, Mario Bava brille d’une étonnante réputation en tant que directeur de la photo. Il aura même sauvé plusieurs films du désastre en finissant la mise en scène de quelques films, notamment Vampires de Riccardo Freda, ou La Bataille de Marathon de Jacques Tourneur. Les producteurs voyant en lui un grand potentiel, il se voit proposer en 1960 donc de réaliser son premier film, seul. Ce sera Le Masque du Démon. Il choisit de tourner son film en noir et blanc, afin d’atténuer la violence de certaines scènes et de permettre au film de sortir, mais également afin de rendre possible certains effets spéciaux, uniquement réalisables via des effets de lumières sur du noir et blanc. Il réalise un film dans la veine des films de la Hammer sortant à la même période : un film gothique, voulant jouer sur la peur. Et malgré son noir et blanc, sublime d’ailleurs, le film eu quelques petits soucis lors de sa sortie. Il fut bannit en Angleterre jusqu’en 1968, et certaines scènes furent censurées lors de sa sortie en Amérique. Pour le casting, Bava choisit Barbara Steele pour le rôle principal. Excellent choix qu’il rend sublime à la caméra. Pourtant Le Masque du Démon ne part pas forcément avec d’énormes atouts, son scénario notamment étant assez classique et pas toujours des plus intéressant, et restant de plus assez lent, Mario Bava redouble d’efforts.

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Et il faut avouer qu’il fait merveilleusement bien passer la pilule, puisque Le Masque du Démon malgré ces défauts est une incontestable réussite, et le début d’une œuvre dense. Premier bon point, Bava nous livre une mise en scène et une photographie sublime en noir et blanc qui réussissent à elles seules à créer une ambiance unique et intrigante, et ce dés la marquante scène d’ouverture, devenue culte depuis. Clairement en avance sur son temps, Bava marque les esprits en réalisant une scène d’ouverture choc, atténuée certes par le noir et blanc, mais pouvant faire penser à une torture à la Saw, plus de 40 ans plus tôt. Coup de maître, vu ses très faibles moyens. Mais touche à tout, Bava soigne tout, de sa photographie à son montage, et Barbara Steele rayonne à l’écran malgré la noirceur de son personnage. L’intrigue reprend alors deux siècles plus tard, et jamais le film ne perdra son ambiance gothique et clairement morbide. Bien que son histoire de vengeance deux siècles plus tard soit plutôt banale et que de nombreux moments de son scénario soient prévisibles, le film est une pure merveille pour les yeux.

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Ici, tout n’est que jeu d’ombres, d’éclairages. La plupart des effets spéciaux, notamment les transformations sur les visages, furent effectués ainsi, et il faut avouer qu’encore aujourd’hui, la plupart d’entre eux fonctionnent très bien. Bava excelle dans sa représentation graphique du macabre, des ambiances pesantes, et déjà ici, c’est le cas. L’esthétique de son métrage est irréprochable, de la première à la dernière image, malgré un final un peu simpliste. Rendre une histoire banale passionnante de par sa représentation visuelle, voilà bien une des forces de Bava, et dans le cas présent de son premier film. Certains spectateurs pourront toujours critiquer son rythme relativement lent, ce qui est le cas, mais compensé par bien d’autres aspects. On pourra également reprocher au film un doublage anglais pas toujours bien synchronisé (même souvent en décalage), qui pourra surprendre et faire sortir par moment de l’œuvre, nous rappelant bien que les films italiens étaient tournés sans le son avec un casting international, et ce pendant encore de longues années.

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150

Les plus:

L’ambiance gothique et morbide

Magnifique noir et blanc

La scène d’ouverture

Barbara Steele

Les moins:

Une version anglaise pas toujours bien synchronisée

Une histoire au final banale et prévisible

 

En bref: Premier réel film de Mario Bava, il contourne les défauts de son œuvre pour n’en garder que le meilleur, à savoir une ambiance étonnante, une mise en scène virtuose et des scènes marquantes.

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