JACK L’ÉVENTREUR de Jess Franco


Jack the RipperJACK L’ÉVENTREUR

Titre original : Jack the Ripper
1976 – Suisse / Allemagne
Genre : Thriller
Réalisation : Jess Franco
Musique : Walter Baumgartner
Scénario : Jess Franco

Avec Klaus Kinski, Josephine Chaplin, Andreas Mannkopff, Herbert Fux et Lina Romay

Synopsis : Dans le quartier de Whitechapel à Londres, à la fin du XIXe siècle, Sally Brown, une jeune prostituée, croise la route de Jack l’éventreur. Il la tue et l’emmène dans son antre, où Fiora, son assistante, va se débarrasser des restes de la jeune femme.

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Débarquant en 1976, Jack L’éventreur est un projet étrange pour Jess Franco, et pourtant, un projet ayant sa place dans sa bien trop longue filmographie si l’on s’y attarde. Franco y retrouve en effet Klaus Kinski après leurs lointaines collaborations sur Venus in Furs, Les Nuits de Dracula et Justine de Sade. Doté d’un budget confortable, il réalise un film plus classique dans la forme (il faut dire que Jess y allait à fond dans les expérimentations ces années là) mais le fond lui se rapproche beaucoup de L’Horrible docteur Orlof, film réalisé par Franco lui-même en 1962, et qu’il revisita à plusieurs reprises. Bref, bien que relatant les événements bien connus et bien trop souvent mis en image des méfaits de Jack l’éventreur, le film s’éloigne volontairement de ce que l’on pourrait attendre d’une énième production sur le sujet. Déjà, le réalisateur tourne son film à Zurich, ce qui est, il faut bien l’avouer, assez éloigné du Londres du XIXème siècle, mais qui lui permet de se rapprocher de l’ambiance expressionnistes de certains de ses films précédents, dont l’Horrible Docteur Orlof. Avec un budget plutôt confortable, Jess Franco soigne sa mise en image et évite de se lancer dans d’intenses expérimentations visuelles, soignant ainsi l’emballage et la photographie de son film pour livrer des plans magnifiques sur l’architecture à sa disposition.

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Il changera dans le fond énormément de choses à l’histoire de Jack l’éventreur, jusqu’aux personnages eux-mêmes. En effet, l’inspecteur Abberline sera absent de l’intrigue, et remplacé par l’inspecteur Selby (joué par Andreas Mannkopff). Des détails certes qui pourraient être anodins, mais Jess Franco amène alors dans son métrage des thèmes typiques de son cinéma, et surtout des scènes que le fan a déjà pu voir ailleurs. Ainsi, Klaus Kinski, moins fou que dans d’autres productions, livre une prestation fort intéressante néanmoins de Jack, en faisant un médecin, bon la journée, s’occupant de ses patients, souvent défavorisés, devenant le soir un homme perturbé, hanté par des visions de sa mère, morte depuis et qui l’aurait martyrisé étant enfant, ce qui le poussera à tuer et mutiler des jeunes femmes. Des précédents films de Franco, on pourra reconnaître également la scène de l’interrogatoire et son amour pour le jazz (d’où l’un de ces pseudos sous lequel il signa plusieurs films d’ailleurs, Clifford Brown).

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Oui, Franco va se servir de quelques témoins, dont un aveugle pour faire le portrait robot de Jack l’éventreur. Lors de diverses scènes, il emmènera le spectateur dans un cabaret, occasion pour lui de mettre en avant pour un court rôle sa nouvelle muse Lina Romay, présente dans de très nombreux films du réalisateur depuis La Comtesse Noire en 1973. Respirant le cinéma de son auteur dans le fond, avec ces thématiques, la reprise de certaines scènes, un casting d’habitués (Klaus Kinski, Lina Romay), Jack l’Éventreur se fait plus sérieux et surtout beaucoup plus classique dans sa mise en image, profitant d’une photographie magnifique de Peter Baumgartner et Peter Spoerri et des plans plutôt classe (les gros plans sur les yeux de Klaus Kinski, les déambulations dans les rues vides et brumeuses). Jess Franco met ses expérimentations et ses nombreux zooms de côté, se focalisant sur son ambiance, parfois malsaine, et livrant ainsi un produit accessible à tous ou presque.

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13

Les plus:

Klaus Kinski

Une très belle photographie

Une relecture des thèmes de Franco

Les moins:

Une mise en scène peut-être trop classique

Une œuvre mineure pour Franco

 

En bref: Jess Franco prend des libertés avec le mythe de Jack l’éventreur, mais livre néanmoins un film intéressant et sérieux, bien que mineur dans sa longue filmographie.

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