LA NUIT DES TRAQUÉES de Jean Rollin


Nuit des TraquéesLA NUIT DES TRAQUÉES

Titre original : La Nuit des Traquées
1980 – France
Genre : Horreur
Réalisation : Jean Rollin
Musique : Gary Sandeur
Scénario : Jean Rollin

Avec Brigitte Lahaie, Vincent Gardère, Dominique Journet, Bernard Papineau, Rachel Mhas et Natalie Perrey

Synopsis : Alors qu’il est en train de conduire, un homme croise une belle jeune femme désorientée, Elisabeth, le long de la route. Elle est seulement vêtue d’une mince chemise de nuit et fait rapidement un malaise. L’homme décide de la reconduire chez lui, mais il ne sait pas qu’il est observé par une mystérieuse femme nue. À son réveil, Elisabeth confie au jeune homme qu’elle est amnésique. Mais à peine quelques heures après, Elisabeth est enlevée. En partant à sa recherche, l’homme découvre l’existence d’une clinique étrange…

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La Nuit des Traquées, sorti en 1980, est une curiosité de plus dans la carrière de Jean Rollin. Contraint depuis 1978 à livrer des œuvres de commandes (Les Raisins de la Mort, Fascination), il aura toujours réussi à mettre sa patte sur ses métrages. Décors de châteaux, endroits reculés en pleine campagne, ambiance étrange et mystérieuse. Pour la Nuit des Traquées, si on pourra reconnaîtra dans le scénario signé Rollin lui-même quelques éléments typiques de son cinéma, on notera rapidement que le métrage ne se déroule pas dans des petits villages ou autres coins reculés et abandonnés, mais dans une grande ville. Le métrage se déroule en effet majoritairement dans les tours de la Défense. Ce qui, pour qui connaît un minimum l’œuvre du réalisateur, surprend. Comment réussir à poser sa patte poétique sur une œuvre se voulant plus contemporaine, moderne, et surtout, beaucoup plus froide ? Un peu comme une anomalie au sein de sa filmographie (mais une anomalie bien meilleure que le fameux Lac des Morts Vivants qu’il réalise pour Eurociné la même année), le métrage surprend et ne s’avère pas mauvais pour autant, loin de là. Contenant les défauts habituels du réalisateur, certains plus accentués que d’autres, Rollin parvient à livrer une histoire totalement impersonnelle et à réussir à livrer une ambiance froide de paranoïa tout en y injectant certaines de ces obsessions.

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Oui, dans la Nuit des Traquées, on retrouve des jeunes femmes, fonctionnant par paires (on retrouve Brigitte Lahaie, muse du réalisateur depuis Les Raisins de la Mort), on retrouvera également une certaine naïveté, notamment lors du final se voulant romantique. Oui, comme souvent, le réalisateur ne dirige pas vraiment ses acteurs, ce qui donne des moments plutôt involontairement comiques, tandis que certains s’en sortent beaucoup mieux. Brigitte Lahaie, malgré quelques hésitations dans le premier quart du métrage, trouve finalement le bon ton et s’avère convaincante. On ne pourra pas en dire de même de Vincent Gardère, souvent (toujours ?) à côté de la plaque, heureusement éclipsé d’une bonne partie du métrage. Cathy Stewart, beaucoup plus habituée au cinéma X (les titres comme Détournement de Mineur, Les Petites Chattes Timides ou encore Bourre-moi le Cul en disent long sur sa carrière) répétera la plupart de ces dialogues avec une grande naïveté et innocence qui finalement rendront le rôle difficile à détester. C’est finalement Dominique Journet qui s’en sortira le mieux, mais elle sera bien trop peu présente. Mais La Nuit des Traquées, s’il contient des aspects typiques de son réalisateur, en défaut et qualité, se rapproche pourtant beaucoup plus des autres films de cette période.

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Œuvre de commande, le métrage contiendra quelques meurtres bien graphiques et aux effets pas trop mal foutu (comme pour Les Raisins de la Mort, ou La Morte Vivante deux ans plus tard), mais également quelques scènes de sexe s’insérant parfois mal au récit, comme c’était déjà le cas dans Fascination. Mais la vraie nouveauté vient de la façon dont Jean Rollin met en scène l’environnement qu’il dépeint. Les tours de la Défense, les grandes villes, les longs couloirs blancs et vides, il met tout cela en scène de manière très froide et impersonnelle, donnant au métrage une ambiance assez étrange, chose aidée par la musique de Gary Sandeur. C’est cette ambiance et cette façon de mettre en image l’aspect urbain qui devient ici intéressant, avec ces gigantesques tours de verre écrasantes, ce complexe psychiatrique vide et labyrinthique. Rollin semble avoir construit son histoire sur ses éléments, comme c’était le cas autrefois avec ces châteaux et cimetières, et cela s’en ressent, il croit en ce qu’il filme. Ça ne fonctionne pas toujours, certains aspects sont bancals mais l’essai est intéressant.

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Les plus:

Une ambiance froide

Quelques aspects typiques du réalisateur

Quelques scènes sanglantes sympas

Les moins:

Tout ne fonctionne pas

Les scènes de sexe inutiles

 

En bref: Nouveau film de commande, Rollin s’attaque au thriller. Si ça ne brille pas vraiment, le métrage est une curiosité pourtant intéressante et pas dénué de qualités.

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