THE TUNNEL de Carlo Ledesma


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Titre original : The Tunnel
2011 – Australie
Genre : Found Footage
Réalisation : Carlo Ledesma
Musique : Paul Dawkins
Scénario : Enzo Tedeschi et Julian Harvey

Avec Bel Delia, Andy Rodoreda, Steve Davis, Luke Arnold et Goran D. Kleut

Synopsis : Le gouvernement Australien décide de se servir des tunnels souterrains de Sydney pour traiter de l’eau, malgré les réactions des habitants et de la presse. En effet, des sans abris sont censés vivre dans ses souterrains. Une équipe de reportage va pénétrer illégalement dans les lieux.

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Et oui, encore un film sous forme de faux documentaire en caméra subjective. Depuis le carton de REC en 2008, ce genre de films débarque tous les ans, nous venant de tous les pays. Dans le cas de The Tunnel, le film nous vient d’Australie, et a été produit et distribué de manière assez étrange, ce qui lui a valu sans doute plus de spectateurs que s’il avait été fait normalement. Petite production à petit budget, le film s’est en parti financé grâce à des dons de gens comme nous sur internet. Une fois le film terminé, il fut disponible sur internet, gratuitement, et surtout légalement, via des clients torrents. Chose très inhabituelle, voir totalement folle. Mais si vous appréciez le film, les producteurs ont mis une édition 2 DVD en vente via le site officiel, ainsi que la possibilité d’acheter un plan du film pour 1 dollars, ou bien une seconde, une minute. De quoi finir par rentabiliser le film, et un procédé qui a bien aider à faire parler de lui, car il ne faut pas oublier que malgré tout, The Tunnel, c’est un film, qui a coûté de l’argent, et qui doit donc en rapporter. Mais passé sa production et distribution habituelle, The Tunnel est un film tout à fait banal suivant la mode instaurée par REC, sans franchement ajouter quelque chose de nouveau, et en faisant encore et toujours les mêmes erreurs. Nous sommes donc invités à suivre une équipe de journalistes qui prépare un reportage sur les restructures récentes prévues par le gouvernement Australien dans les tunnels souterrains de Sydney. La première partie du métrage, la première demi-heure, nous présente les personnages, nous montre quelques reportages et interviews sur la situation actuelle et les projets du gouvernement. Utile pour bien cerner l’histoire, ces moments s’avèrent malheureusement un peu long et s’ils donnent bien l’impression de se retrouver devant un documentaire, ils n’aident pas à nous faire rentrer dans le métrage, loin de là. Passé ça, nous voyons un peu les personnages faire le début de leurs recherches, tenter d’interviewer des personnes haut placées dans le gouvernement ou tout simplement des sans abris supposés vivre dans les tunnels du titre. Le tout entrecoupé par des interviews des personnages principaux bien après les événements du film.

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Effet qui désamorce déjà le suspense (on sait d’office qui va survivre dans le métrage) et qui, en ayant lieu tout le long du métrage, aura aussi pour effet de casser le rythme à de nombreuses reprises, en plus d’avoir un effet assez redondant. Il ne sera pas voir d’avoir un bout d’interviews où l’actrice ou l’acteur parle, puis de retourner au film pour voir en image exactement ce qu’il s’est raconté dans l’interview… Cependant, dés que les personnages pénètrent dans les tunnels, après une première demi heure assez longue et peu passionnante, le film décolle. Aidé par de magnifiques décors vraiment immenses (oui, les acteurs, quand ils tourneront en rond, ce sera parce qu’ils sont perdus, et non pas parce que l’équipe n’avait que deux malheureux couloirs), le réalisateur parvient à poser aisément son ambiance, aidé par un score musical franchement sympathique, bien qu’accentuant trop certaines scènes se voulant dramatiques. Mais lorsqu’il s’agît d’ambiance, le film s’en sort très bien. Certes le spectacle ne propose rien de novateur et tout a déjà été vu ailleurs, mais l’ensemble fonctionne plutôt bien. Le budget, ridicule, n’est pas vraiment un frein, d’autant que ce genre de métrage permet justement l’économie. Une image qui tremble, un grain trop prononcé, une photo à un moment un peu crade, pas grave, cela accentue le côté réaliste du métrage. Si par moment, ça fonctionne, à d’autres, beaucoup moins. Mais dans l’ensemble, The Tunnel bénéficie en tout cas de beaucoup de sérieux de la part de son équipe. Les acteurs y croient et veulent que l’on y croit également, et le réalisateur fournit un travail honnête avec ce qu’il a. La seconde partie du métrage, avec la découverte et l’exploration des tunnels, est plutôt réussie par ailleurs. C’est lorsque les événements étranges commenceront à se produire que le film va à la fois vraiment décoller et décevoir.

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Lorsqu’il tentera d’instaurer la tension progressivement, grâce à des sons étranges, une silhouette, ou une apparition furtive, le film s’en sortira à merveille. Les tunnels sont vraiment lugubres et propices à ce genre d’effets, faciles certes, mais qui fonctionnent toujours si l’on regarde le métrage dans de bonnes conditions (grand écran, bon son, et dans le noir). Lorsque le film nous présentera pour la première fois ce qui se trame véritablement dans les tunnels, habités par une créature rappelant beaucoup les monstres de The Descent, l’effet marchera encore une fois, grâce à une utilisation au bon moment du mode night shot, ou alors grâce à des plans furtifs. La créature, on ne la verra jamais totalement, souvent plongée dans l’obscurité, en plus d’être rapide, et c’est sans doute ce qui la rend plus efficace. Malheureusement, tout n’est pas rose, car en plus de sa première demi heure franchement longue et de son manque d’innovation, The Tunnel récolte aussi pas mal de défauts de ce genre de productions. Quand les personnages sont paniqués et se mettent à courir comme des dératés, la caméra s’emballe également, et plusieurs scènes auront ce syndrome, rendant tout simplement l’action illisible (bon, heureusement, ça n’arrive que dans une poignée de scènes). Quand on le compare par exemple au récent Troll Hunter, le bas blesse. Et encore une fois, le réalisateur veut nous faire croire à tout ça dur comme fer, en commençant et terminant son film par des annonces sur la véracité des images que nous allons voir, mais également sur les morts du métrage. Avec juste ensuite un magnifique générique de fin nous faisant défiler les noms de toute l’équipe. Entre son début long à démarrer, son manque de suspense, de surprises,, ses petits défauts et sa poignée de scènes illisibles, The Tunnel aurait pu être insupportable, s’il n’était pas réalisé avec sérieux de bout en bout. S’il vaut le détour, c’est avant tout pour sa technique et son ambiance réussie.

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Les plus:

Un produit bien emballé

Quelques moments qui fonctionnent bien

Les moins:

La caméra qui s’emballe par moment

Archi long à démarrer

 

En bref: Sans être mauvais, The Tunnel est un métrage qui ne propose rien de nouveau, mixant les faux documentaires à The Descent. Sympathique.

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