LE LOCATAIRE de Roman Polanski


Le LocataireLE LOCATAIRE

Titre original : Le Locataire – The Tenant
1976 – France
Genre : Drame
Réalisation : Roman Polanski
Musique : Philippe Sarde
Scénario : Roman Polanski et Gérard Brach d’après le roman de Roland Topor

Avec Roman Polanski, Isabelle Adjani, Melvyn Douglas, Shelley Winters, Bernard Fresson, Claude Dauphin et Jo Van Fleet

Synopsis : Trelkovsky, d’origine juive polonaise, travaille dans un service d’archives et se lie difficilement avec ses collègues. Il visite un appartement inoccupé dans un quartier populaire de Paris et la concierge lui apprend que la locataire précédente s’est jetée par la fenêtre quelques jours auparavant. Trelkovsky s’installe dans l’appartement. Mais il est bientôt victime de multiples vexations de la part de ses voisins…

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Après avoir signé son dernier film Américain avec l’excellent Chinatown en 1974, Le Locataire sera le dernier film de Polanski avant le scandale qui éclata l’année suivante. Tourné en France, à Paris, le métrage fait dés le départ un choix étrange, puisqu’à part Polanski, tous les autres acteurs seront doublés. Le film est ainsi joué par des français, puis doublé en anglais. Le Locataire, dans la carrière de Polanski, est un peu le dernier acte de sa trilogie commencée par Répulsion et continuée par Rosemary’s Baby, sans doute le film le plus célèbre de son auteur. On y retrouve les mêmes thèmes, et un lieu quasi unique pour l’action : un appartement. Polanski tient le rôle principal, celui d’un jeune ouvrier polonais qui cherche un appartement sur Paris. Après une visite, et malgré l’annonce que l’ancienne locataire se soit jetée par la fenêtre pour se suicider, la laissant dans le coma à l’hôpital, Polanski prend l’appartement. À partir de là, Polanski, le réalisateur, va s’amuser à nous perdre entre réalité et cauchemar, briser les barrières, jouer sur la paranoïa et la claustrophobie, chose qu’il fait toujours aussi bien, et faire chuter son personnage dans la folie. Le Locataire fonctionne de la même manière que Rosemary’s Baby, avec ces évènements étranges, ces voisins, ses scènes faisant monter le doute, et surtout, le malaise.

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Si le métrage conserve toutes les qualités de ses autres productions, et se révèle être des plus prenants dés les premiers instants, on pourra lui reprocher deux petits défauts. Le premier, qui n’a rien à voir avec l’intrigue ou la maitrise du réalisateur qui n’est plus à prouver, étant le doublage anglais, donnant à certaines scènes, notamment lorsque Polanski est dans son appartement avec ses collègues de travail (joués par Josianne Balasko et Gérard Jugnot notamment), qui sonnent parfois faux. Le second étant son final, après cette longue et lente descente dans la folie, qui semble quelque peu précipité. Heureusement, le métrage, durant comme souvent un peu plus de deux heures, a beaucoup a proposé, et nous happe dans son ambiance avec le plus grand des talents. Dès que Polanski s’installe dans son appartement, les événements étranges bien que parfois anodins s’enchaînent et surprennent, en se répétant parfois inlassablement, comme ses visites au café du coin, où Polanski va s’asseoir à la place de l’ancienne locataire, et voir sa vie prendre un tournant inattendu. Le même siège, puis fumer la même marque de cigarette que la victime, sans s’en rendre compte. Les éléments s’enchaînent pour faire perdre la raison à notre pauvre petit polonais.

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Encore une fois sans artifices visuels (malgré des plans bluffant pour l’époque filmés avec la caméra Louma, utilisée par Argento sur Ténèbres en 1982), son film prend à la gorge, se faisant toujours un peu plus oppressant, toujours un peu plus mystérieux, sans que l’on ne soit jamais certain de ce qu’il se passe. Événements vraiment étranges voir surnaturels, ou tout simplement hallucinations du personnages la faute à son paranoïa ? L’appartement prend alors vie, comme ce fut le cas sur Répulsion et Rosemary’s Baby. Le Locataire se rapproche d’ailleurs un peu plus de Répulsion dans la mise en avant du lieu, avec des murs crades et au papier se décollant, ses trous dans le mur permettant de voir de l’autre côté, et cet immeuble en face où quelqu’un semble toujours vous épier. Sans parler de ces voisins qui viennent toujours se plaindre du bruit, même lorsque l’appartement est le plus silencieux du monde. Le Locataire est un grand film sur le paranoïa, le doute, la schizophrénie, dommage que certains éléments dans sa dernière partie arrivent un peu trop précipitamment. Mais encore une fois, le film dans son ensemble est excellent et prenant.

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16

Les plus:

Une ambiance prenante et étrange

Le basculement vers la folie

Excellente mise en scène

Les moins:

Quelques passages précipités

 

En bref: Après Répulsion et Rosemary’s Baby, Polanski continue ses thèmes avec toujours autant de talent, malgré quelques moments un peu décevants, mais n’empêchant pas le film d’être prenant et oppressant comme il faut.

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