INLAND EMPIRE de David Lynch


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Titre original : INLAND EMPIRE
2007 – Etats Unis / France / Pologne
Genre : Mystère abstrait
Réalisation : David Lynch
Musique : David Lynch
Scénario :  David Lynch

Avec Laura Dern, Jeremy Irons, Justin Theroux, Harry Dean Stanton et Karolina Gruszka

Synopsis : Nikki Grace, actrice, épouse d’un homme fortuné, attend avec impatience de savoir si elle a été sélectionnée pour un rôle dans une nouvelle production hollywoodienne. Une voisine énigmatique lui rend visite et lui prédit qu’elle sera acceptée. Le lendemain, elle reçoit un appel qui lui annonce qu’effectivement elle est retenue pour le rôle. La comédienne fait la connaissance de son partenaire, du réalisateur et les répétitions commencent. Elle incarne Suzanne Blue dans une romance intitulée Là-haut dans les lendemains bleus (On High in Blue Tomorrows). Au cours de la préparation, le réalisateur apprend que le film a déjà fait l’objet d’un tournage qui ne s’est pas achevé pour des raisons mystérieuses ; les acteurs qui interprétaient les deux rôles principaux auraient été assassinés.

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Ça y est, il est là! Le dernier Lynch. Son dernier cauchemar, son dernier puzzle. Et quel puzzle. Et autant le dire de suite, il n’est pas facile, mais pas facile du tout d’en faire la critique, autant qu’il est difficile de rentrer dans le film si l’on est pas préparé. Déjà, raconter l’histoire. Le dossier de presse du film ne nous en dit finalement pas plus que ce que l’on comprend du film après sa vision. Nous voici plongés dans une histoire de mystère, l’énigme d’un monde au cœur des mondes, le secret d’une femme en proie à l’amour et aux tourments… Alors, pour éclairer un peu plus, nous suivons Nikki, une actrice jouée par Laura Dern, formidable de bout en bout durant les 2h52 du film. Nikki est actrice. Elle vient d’être embauchée pour jouer dans un film, prochain succès assuré. On ne sait pas grand chose d’elle, si ce n’est que son mari semble plutôt louche et ira jusqu’à menacer l’acteur principal du film, Devon, s’il tente quoi que ce soit avec Nikki. Et ce qui était dit arrive, il finira par se passer quelque chose entre les deux tourtereaux. Là est-il le cœur du film ? Impossible d’affirmer. Une des clés du film ? Peut être, et même sans aucun doute. Mais ce n’est pas tout, le rôle de Nikki (Susan) semble assez proche de sa vraie vie, et la pauvre, surmenée, finira pas confondre son rôle et sa vraie vie, la plongeant en plein cauchemar, et déclenchant le début du puzzle. Nous entrons dans l’énigme au cœur des mondes, le sien, celui de Nikki… ou est ce celui de Susan ?… Ou celui d’un autre personnage? Ou sommes nous dans le monde d’une prostituée polonaise fantasmant toute cette histoire ? Mystère et boule de gommes.

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La difficulté de faire une critique classique provient sans doute du fait que sorti du film, on n’en sait finalement pas beaucoup plus qu’à l’entrée dans la salle. Et pourtant, le spectateur peut affirmer qu’il a vu un film hors du commun, qu’il s’est prit une vraie claque, et qu’il a ressentit toute un panel d’émotions sans comprendre pourquoi. Et ce, dés l’ouverture du film. Noir total. Puis un faisceau lumineux apparaît à droite de l’écran, s’éloigne doucement, et laisse apparaître le titre en grand lettres, brillantes, majestueuses: INLAND EMPIRE. Dès ce début, pourtant si simple, on est plongés dans l’ambiance, notamment sonore du film, exceptionnelle, la salle tremble, on sait que l’on est à l’entrée d’un univers qui n’est pas le notre, une œuvre abstraite, et le spectateur accepte de laisser le temps du film son univers à la porte de la salle pour se laisser transporter. Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance… La faute au format DV qui peut perturber, voir gêner dans les 15 premières minutes du film. Le film commence en noir et blanc, en Pologne. Nous suivons un couple, enfin plutôt un homme et une prostituée dans un couloir, puis dans une chambre d’hôtel. les visages sont floutés. Puis le film passe en couleur, une femme est devant une télévision, elle regarde un show télévisé, où des hommes en costumes de lapins discutent. La femme pleure en regardant ses images, qui reviendront à plusieurs reprises, et dont l’émotion ressentie augmentera au fur et à mesure, donnant pratiquement les larmes aux spectateurs également, sans savoir le pourquoi du comment (le mariage parfait entre l’image et le son peut être).

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Puis, nous arrivons à Los Angeles, Nikki reçoit la visite de sa nouvelle voisine, actrice déjà vue en temps que la mère de Laura Palmer dans la série Twin Peaks, et le film du même nom, ainsi que dans Sailor et Lula (ou La Galaxie de la Terreur, au choix). Une scène inquiétante dans laquelle la DV sera au départ dure à supporter, jusqu’à la fin de la scène, où en quelque sorte, la magie Lynch fait son effet et nous transporte par une étrangeté déjà présente dans la bande annonce et qui sera reprise plusieurs fois dans le film, nous laissant croire qu’il s’agirait peut être d’une clé, où d’une partie de l’esprit malade de l’héroïne: C’est arrivé hier, mais je sais que c’est demain!! Bienvenue dans Lynch Land. Pourtant, pendant les 40 premières minutes, voir même une heure, le film gardera, malgré des coupures étranges entre les scènes, une histoire assez linéaire et simple à suivre, tout en se permettant quelque abstractions bien venues et des scènes prêtant à faire frissonner (Justin Theroux arpentant le plateau de télévision) ou à rire (le personnage de Harry Dean Stanton en producteur fauché). Comme dans tout film du maître, une première partie relativement simple pour permettre un voyage par la suite. Et quel voyage. Il ne faut pas se fier aux critiques disant que Lynch n’a pas du tout innové avec ce film, le voyage est encore plus « dur » que d’accoutumé, même pour un fan. Là où Lynch donnait sans arrêt des clés dans son film sans pour autant les expliquer, c’est finit. Ici, aucunes clés ne vous seront données, c’est un voyage brut, sans points de repères et brutal dans le mental de Lynch en quelque sorte. Une expérimentation pouvant se rapprocher de son premier film en quelque sorte, l’excellent Eraserhead.

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Les histoires, les personnages, les mondes, les pays, les langues, les espaces temps, tout se mélange sans nous laisser une seule seconde pour souffler. Sans prévenir, le spectateur sera transporté plus tôt dans le film, avant de passer la porte d’un autre monde, celui sombre et glauque de la Pologne, de faire la connaissance d’une multitude de personnages, sans savoir qui ils sont, pourquoi ils sont là. Cela va du personnage simple au plus barré (un homme avec des ampoules dans la bouche !!) Le voyage est exceptionnel, troublant, les 2h52 passent avec une rapidité rare (seule quelques petites longueurs se font ressentir dans un petit passage vers la fin). Les images DV qui choquaient au début conviennent à merveille, et le spectateur pourra même trouver certains plans d’une beauté rare. Les acteurs, tournant sans vraiment savoir ce qu’ils font là, sont tous excellents. Laura Dern brille dans chacune de ses scènes, elle est vraiment le corps du film, nous faisant oublier les performances non moins excellentes de Justin Theroux et Jeremy Irons. Une chose est sure, INLAND EMPIRE, que l’on aime ou pas, est une expérience unique en son genre. Pas besoin de la comprendre, c’est de l’art, tout comme une peinture abstraite, pas besoin de longs discours pour dire pourquoi l’on apprécie, l’important, c’est qu’en son soit intérieur, l’œuvre parvienne à nous parler, malgré ses défauts (quelques longueurs mi-parcours notamment).

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Les plus

Une oeuvre envoutante

Laura Dern parfaite

Quelques grands moments expérimentaux

Les moins

Quelques longueurs

En bref : Difficile de décrire l’expérience, c’est à vous de voir ce que vous y trouverez.

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