GROTESQUE de Shiraishi Kôji


GROTESQUE

Titre original: グロテスク (Gurotesuku)
2009 – Japon
Genre: Extrême
Réalisation: Shiraishi Kôji
Musique: Satô Kazuo
Scénario: Shiraishi Kôji
Avec Nagasawa Tsugumi, Kawatsure Hiroaki et Ôsako Shigeo

Synopsis: Un jeune couple est kidnappé par un maniaque alors qu’ils se promenaient dans la rue. Ils se réveillent alors et vont devoir subir les tortures de cet homme.

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Quand Hostel est sorti, son réalisateur, Eli Roth, n’a pas hésité à vendre son film en utilisant des adjectifs pour brosser l’amateur de films d’horreur dans le sens du poil : un summum de l’horreur, un mélange de gore et de sexe. A l’arrivée, un métrage un peu bâtard, regardable, mais ô combien longuet, avec une première heure d’exposition de trois personnages tout sauf attachants car ne pensant qu’au cul. Bref, un gros pétard mouillé qui a eu droit à une suite, copiée collée de l’original en remplaçant les mecs par des femmes, en attendant un troisième opus direct to vidéo signé par Scott Spiegel (le très bon Intruder et Une Nuit en Enfer 2). Grotesque est en quelque sorte la version Japonaise de Hostel, qui tout en se moquant de son homologue américain, ne nous roule pas sur la marchandise. Soyons clair, dés les premiers instants, notre couple est capturé dans la rue et emmené dans l’antre du bourreau. Le métrage prend à contre pied même la narration de Hostel. Ici on ne nous présente pas les personnages pour que l’on s’y attache avant de nous montrer quelques atrocités bien banales finalement. Non, ici, on commence par des atrocités et autres tortures, qu’elles soient physiques ou psychologiques, des tortures qui font vraiment mal, et entre deux tortures, on en apprend un peu plus sur nos personnages. Tourné pour un budget ridicule dans un décor quasi unique, avec seulement trois personnages (le kidnappeur et les deux victimes), Shiraishi Kôji ( Carved, Dead Girl Walking, les deux Teke Teke, Noroi) s’en sort extrêmement bien. En tout cas, une chose est sûre, son film ne laissera pas indifférent. La preuve, au lieu de demander des coupures, le film a littéralement été interdit en Angleterre (pays en même temps très difficile, il suffit de voir un film comme Sawako Decides avoir une interdiction aux moins de 12 ans et Love Exposure avoir un beau moins de 18 ans….). Une interdiction totale qui peut se justifier par la violence des images. Comme dit, dés les premiers instants, on se retrouve dans l’antre du kidnappeur, dont on ne connaîtra jamais le nom, et on n’en sortira jamais.

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L’ambiance est terne, froide, voir dégueulasse, le même filtre étant appliqué aux images de tout le film. Les tortures en elles même sont peu nombreuses, mais finalement longues et intenses, qu’elles soient violentes visuellement ou psychologiquement pour les personnages. Nos deux tourtereaux kidnappés sont un jeune couple venant tout juste de se mettre ensemble. Ah, l’innocence du début d’un couple, quand on n’ose pas encore totalement s’approcher et se dévoiler. Ils vont pourtant apprendre à se connaître de manière intime par l’intermédiaire de notre homme dérangé, docteur de profession sans aucun doute. Le but est simple. Notre homme va les torturer, les humilier de la pire manière qui soit, l’un après l’autre. Si par leur volonté de vivre, ils arrivent à l’exciter, ils pourront s’en sortir vivant. On pourra compter environ trois longues tortures (ou disons « expériences ») : deux très violentes et physiques, une autre plus sexuelle et à base d’humiliation. Oui, seulement trois « épreuves », mais comme dit précédemment, longues. Et comme on baigne dans la même ambiance tout le long, le film s’avère alors très rapidement efficace et dérangeant. On ne verra pas toujours la violence de manière frontale, mais ça ne l’empêchera pas d’être dérangeante. Parfois l’imagination est bien plus horrible que ce que l’on voit, mais même lorsque la violence est frontale, le film ne perd pas de sa force, loin de là, grâce à la qualité de ses effets spéciaux, parfois impressionnants. Entre quelques morceaux graphiques à base de tronçonneuse et de hache, et deux trois humiliations sexuelles à base de masturbation (forcément non consentante), le film parvient tout de même à caser quelques petits dialogues.

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Des passages en effet un peu plus calmes, mais relativement courts arrivent alors dans le récit, comme pour nous laisser le temps de souffler avant que le réalisateur nous propose une torture repoussant les limites de la précédente. Ce qui étonne, c’est le ton abordé par ces passages plus calmes. Des histoires à l’eau de rose, des personnages gentils, des couleurs blanchâtres, l’opposé du reste du métrage. Un second degré fera même son apparition dans la fin du récit. On adhérera, ou pas du tout, mais le pari était osé et pour ma part à parfaitement fonctionné. Ce second degré rend justement le final jouissif, nous permettant de sortir de l’ambiance glauque et néanmoins prenante devant laquelle on se trouvait depuis une heure. Sans doute encore une manière de se moquer de Hostel, et c’est amplement réussi, même si comme d’habitude avec ce genre de métrage, on pourra lui reprocher la gratuité de ses images, mais le métrage n’avait pour but que de nous livrer cela, et il n’a pas menti. C’est tout simplement ce que l’on voulait voir, et ce que l’on verra, de manière parfois plus subtile qu’un Hostel justement. Pas de quoi se plaindre donc. A noter que le film est enfin disponible en France en DVD depuis quelques jours, avec juste deux ans de retard, comme souvent.

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150

Les plus:
C’est hyper violent
Un film dérangeant
Le côté second degré qui arrive sans prévenir
Les moins:
Tout le monde n’adhérera pas au final
Ça reste gratuit

En bref: Hostel en version qui ne se fou pas de la gueule de son public. C’est crade, violent, psychologiquement dur.

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