FROM HELL des frères Hughes


FROM HELL

2001 – Etats Unis
Sortie française le 30 Janvier 2002
Budget: 35 millions $
Genre: Adaptation / Thriller
Réalisation: Les frères Hughes
Musique: Trevor Jones
Scénario: Terry Hayes et Rafael Yglesias d’après le comic de Alan Moore et Eddie Campbell
Avec Johnny Depp, Heather Graham, Ian Holm, Robbie Coltrane et Ralph Richardson

Synopsis: En 1888, à Londres, dans les rues mal famées du quartier de Whitechapel, un tueur en série, surnommé Jack l’Eventreur, rôde. D’une étonnante précision, ce mystérieux personnage éventre, la nuit tombée, des prostituées. C’est ici qu’entre en scène l’inspecteur Abberline. Cet agent de Scotland Yard comprend rapidement que ces crimes procèdent d’une mise en scène élaborée et supposent un « doigté » d’artiste, un sang-froid à toute épreuve et de solides connaissances en anatomie. Le policier, intuitif et visionnaire, dresse patiemment le profil de ce meurtrier hors normes et parvient à gagner la confiance de Mary Kelly, une jeune prostituée. Celle-ci va l’aider à résoudre cette périlleuse enquête.

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From hell est l’adaptation plus ou moins libre du comic culte d’Alan Moore. Le comic étant un pavé de près de 600 pages, il était impossible de le transposer fidèlement à l’écran. Le comic était, à la base, une histoire que l’on suivait du point de vue de Jack l’éventreur, une lente descente dans la folie de cet homme, aidée par une histoire complexe et réussie. Pour cette adaptation, l’équipe change radicalement le cours de l’histoire. Nous suivons à présent l’inspecteur Abberline, campé par un Johnny Depp, comme toujours, parfait, dans un rôle finalement assez similaire sur certains points à celui qu’il interprétait dans Sleepy hollow. Le point de vue change, mais pas l’histoire, qui reprend les grandes lignes du comic. Mais là où le film s’avère extrêmement fidèle, c’est dans son ambiance, très proche du comic. Dans l’un comme dans l’autre, la misère de ce quartier de Londres est représentée de manière juste, minutieuse, voir glauque par moment.  From hell est donc un thriller horrifique historique, et brille sur bien des points. Pour commencer, la reconstitution historique de Londres de 1988 est absolument sublime et bleffant. Décors, ambiance, costumes, tout est parfait. On se croirait vraiment à cette époque. La reconstitution du quartier de Whitechapel est une réussite, la misère régnant dans les rues bien représentée. Le film nous montre bien une triste réalité qui a existée à Londres durant cette période. Pauvreté, prostitution, vol, meurtres. Le film est une vraie réussite dans cette reconstitution sociale de la ville. Mais fort heureusement, le film ne s’arrête pas à cela, il se focalise bien entendu sur son enquête, et les meurtres violents de Jack l’éventreur.

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Pour finir sur l’aspect social du film, les personnages des différentes prostituées, victimes de l’éventreur, vivants dans la misère, ont un encore plus triste sort quand l’on voit la considération des policiers pour elle. L’inspecteur Abberline est ainsi chargé de l’enquête après le premier meurtre. Durant toute l’évolution de l’enquête, il ne fera que se heurter avec son chef, borné, refusant d’admettre qu’un homme instruit puisse faire pareille chose, préférant rejeter la faute sur un boucher, ou un juif. Abberline a un don qui fait de lui l’homme le plus apte à résoudre l’enquête : dans ses rêves, il peut voir l’avenir. Aspect fantastique dans le récit, absent du comic, cela nous donnera tout de même droit à de magnifiques scènes, joliment réalisées. Les réalisateurs s’en donneront à cœur joie, tant au niveau de la réalité que du montage, de l’usage des filtres, et de l’usage intelligent de la sublime partition de Trevor Jones, très sombre, collant aux images comme la crasse colle aux personnages. Durant l’avancement de l’enquête, Abberline va obtenir la confiance, puis l’amour d’une des prostituées, Mary Kelly, jouée par Heather Graham. Excellente actrice ayant prouvée son talent dans des œuvres comme Boogie nights, il faut le dire, n’ayant pas peur des mots, qu’elle ne correspond pas du tout au rôle qu’elle interprète. Malgré une solide interprétation, on a du mal à y croire. Mais ce détail ne fait pas faiblir l’intérêt pour l’histoire, le fait de se situer du point de vue des victimes, et non du tueur comme dans le comic, nous implique plus dans l’histoire. Mais d’un autre côté, cela renvoi à une trame plus classique.

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Les meurtres du film, connus par beaucoup, vu l’histoire vraie et terrifiante se situant derrière le récit, sont relativement bien mis en scène. Tantôt suggérés, tantôt montrés, le film se permet quelques débordements sanglants rares pour un film de studio. Egorgements, voir pire, les meurtres, à défauts d’être traumatisants et aussi crades que le contexte du film, fonctionnent bien, et les réalisateurs se permettent, par moment, de reprendre en plan séquence des planches du comic pour des scènes marquantes, comme la découverte du premier cadavre, et surtout, scène magistrale, la lente montée de folie dans les actions de Jack l’éventreur lors de son dernier meurtre. Les meurtres qui ne sont pas montrés s’avèrent néanmoins plus puissants, et les réalisateurs marquent un point ici, en nous laissant imaginer l’horreur que l’on ne voie pas. Le fin fond de l’histoire, complexe, et fidèle au comic, se révélera sur la longueur du récit, et on pourra par contre regretter un dénouement peut être un peu trop rapide, mais loin des happy ends Hollywoodiens habituels. Malgré quelques facilités par moment et surtout une rapidité dans le traitement, durée cinéma oblige, le film nous entraîne dans les bas fonds de Londres, en enfer, comme le dit si bien Jack l’éventreur lui-même dans une lettre adressée à la police.

16

Les plus :
Superbe visuellement
Traitement intéressant
La reconstitution de Londres
L’ambiance musicale
Les moins :
Quelques simplifications
Heather Graham peu crédible en prostituée

En bref: Réussite visuelle, historique et musicale, une enquête entrainante pour un des meilleurs films traitant de Jack l’éventreur, portée par un Johnny Depp comme toujours excellent.

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