FRAYEURS de Lucio Fulci


FRAYEURS

Titre original: Paura nella città dei morti viventi
Sortie française le 10 décembre 1980
1980 – Italie
Genre: Gore / Zombies
Réalisation: Lucio Fulci
Musique: Fabio Frizzi
Scénario: Dardano Sacchetti et Lucio Fulci
Avec Catriona MacColl, Christopher George, Carlo De Mejo, Antonella Interlenghi et Giovanni Lombardo Radice

Synopsis: Dans la ville de Dunwich, un prêtre se pend dans un cimetière, ce qui a pour conséquence d’ouvrir les portes de l’enfer. Marie, une jeune New Yorkaise, voit ceci en vision, et avec l’aide d’un journaliste, elle décide de partir là bas pour fermer les portes avant qu’il ne soit trop tard.  A Dunwich, les évènements étranges et les morts se multiplient.

Un an seulement après L’enfer des zombies, Lucio Fulci récidive dans le gore avec Frayeurs. Mais tout le reste change. Là où L’enfer des zombies se déroulait dans un décors paradisiaque, mais que Fulci filmait de manière à rendre hostile et malsaine, Frayeurs se situe dans un environnement beaucoup plus connut, une ville tout ce qu’il y a de plus classique. Mais encore une fois, Fulci filme main de maître et nous livre des plans de toute beauté. Une ambiance magique prend alors forme, les décors deviennent beaux et crades en même temps, l’ambiance devient malsaine et gothique. Un pari réussis, encore une fois, pour un réalisateur en pleine période d’or. Chose qu’il ne savait malheureusement pas encore. Frayeurs commence donc de manière forte. Nous sommes dans un cimetière, et nous suivons le père Thomas, dans cette ambiance morbide, ce lieu envahit par la brume. Puis, il accroche une corde à un arbre, et passe à l’acte, ce qui aura pour effet d’ouvrir la porte de l’enfer, la porte vers un autre monde. Dans cette introduction simple, la réalisation maîtrisée, la musique sublime de Frizzi, et la thématique sont fortement intéressante. Fulci est catholique, et le geste du prêtre, considéré dans la religion comme le pire des pêchers, devient alors blasphématoire, et intéressant. C’est grâce à son ambiance à la fois morbide, sans espoir, gothique, et ses thèmes que Frayeurs parvient à s’élever là où L’enfer des zombies ne parvenait pas à aller. L’enfer des zombies commençait lentement, comme Frayeurs, et ne s’avérait intéressant que passé un certain stade, grâce au gore. Frayeurs n’oublie pas le gore en chemin, mais s’avère intéressant et captivant, même en lui retirant ses scènes chocs.

Dans Frayeurs, les scènes gore, ce que l’on attend donc de Fulci depuis son film précédent, arrivent à intervalle régulier, toutes les dix minutes environ, et ne trouvent pas toujours de justifications, certaines s’avèrent même purement gratuites, ce qui n’empêche pas le spectateur de les savourer. Et quelles scènes, puisque Fulci élève le niveau à chaque fois. Deux scènes marqueront les spectateurs : celle d’une jeune femme vomissant littéralement ses boyaux devant la caméra, après avoir pleuré du sang. Une scène à la fois crade, bien que les effets aient pris un petit coup de vieux, et à la fois magnifique. Fulci l’aura bien comprit, et réutilisera l’effet de la fille pleurant du sang à plusieurs reprises dans le film. L’autre scène marquante, est le meurtre à la perceuse électrique, connue dans le monde. Totalement gratuite, cette scène reste pourtant efficace, et contient un petit plus, comme si l’aspect complètement gratuit ne gênait absolument une histoire basant tout sur ses effets et son ambiance. Certes à côté de cela, il y aura quelques incohérences scènaristiques, ainsi que quelques passages plutôt ridicules pour l’histoire, et pourtant, le spectateur, s’il parvient à être happé par l’ambiance, n’y fera pas attention, préférant rester dans le plaisir que procure le film. Le spectateur peu habitué à ce genre de cinéma, lui, rejettera l’œuvre à cause de sa gratuité, et d’une certaine lenteur. Misant tout sur l’ambiance dans un premier temps, le rythme du film est en effet assez lent, mais ne serais-ce pas encore ce qui lui donne son ambiance si particulière ? Fulci filme la mort, comme toujours, et la rend à la fois horrible et magnifique, lugubre. Les corps en putréfaction sont nombreux, pour le plus grand plaisir des spectateurs, malgré quelques petits défauts survenant dans le final, notamment une petite répétitivité dans les meurtres accomplis par les morts vivants, et un final justement un brin trop expéditif.

 

Les morts vivants, justement, ne ressemblent pas vraiment aux morts vivants que l’on a l’habitude de voir. Outre leur aspect de corps en décomposition que l’on connaît parfaitement, et que Fulci mettra en scène avec talent, comme l’année suivante dans L’au-delà, les morts vivants ne sont pas juste des mangeurs de chairs. Ils ont ici la capacité d’apparaître et de disparaître comme bon leur semble, ce qui rapproche plus le film du film fantastique matinée de gore. De plus, ils ont une manière plutôt différente de tuer leur victime, qui est de leur écraser la cervelle avec leur main. Original, certes, mais qui s’avérera plutôt répétitif par la suite. Malgré ce petit défaut, et comme dit plus haut, un final un poil trop rapide, alors que l’ambiance, le décors, et tout le reste permettait un final en apothéose, Frayeurs reste un des meilleurs Fulci, son meilleur selon moi, contenant son lot de scènes marquantes (La perceuse, la fille qui vomit ses boyaux, où même, sans gore, la fille enterrée vivante, qui sera reprise dans Kill Bill volume 2). Une œuvre majeure pour Fulci, mais aussi pour le cinéma de genre.

17

Les plus:
Des scènes cultes marquantes
La musique de Fabio Frizzi
L’ambiance
Les moins:
Quelques défauts de rythme

En bref: Le meilleur Fulci, des scènes gore parfois gratuites, mais efficaces, et une superbe ambiance macabre et gothique, avec la musique de Frizzi.

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