EKO EKO AZARAK 4: AWAKENING de Suzuki Kôsuke


EKO EKO AZARAK 4: AWAKENING

Titre original: Eko Eko Azaraku IV
2001 – Japon
Genre: Fantastique
Réalisation: Suzuki Kôsuke
Musique: Kasamatsu Koji et Kitazato Reiji
Scénario: Kobayashi Hirotoshi d’après le manga de Koga Shinichi
Avec Katô Natsuki, Otani Mitsuho, Takano Hassei et Endô Kenichi

Synopsis: Un groupe de six adolescents sont retrouvés en forêt, morts. Seule une jeune fille est retrouvée vivante : Kuroi Misa. Suspectée par la police, celle-ci se réveille après les événements, amnésique. Mais ce n’est pas tout, tandis que les événements étranges se produisent autour d’elle et que la police la suspecte, les journalistes envahissent l’hôpital, et prêts à tout pour avoir un scoop, ils vont inventer une histoire pour faire grimper l’audimat, faisant de Misa une tueuse démoniaque. Misa va s’évader de l’hôpital et fuir avec l’aide de son amie Hitomi.

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Eko Eko Azarak, qui était à la base un manga, à été souvent adapté, et est à présent une saga de 6 épisodes. Les trois premiers sont disponibles un peu partout en import, et même dans un beau coffret trilogie. Puis vint ce quatrième épisode, relativement méconnu, réalisé avec un budget très réduit pour le marché de la vidéo. Pour se le procurer, l’édition dvd japonaise ou l’édition allemande sont les seules solutions. Deux autres épisodes de V-Cinéma furent réalisés : B Page et R Page. Difficiles à trouver, ils ne sont sortis qu’au Japon. L’épisode qui nous intéresse ici est donc le quatrième opus. Réalisé avec peu de moyens par Suzuki Kôsuke, celui-ci ne va fort heureusement pas tenter de réaliser quelque chose au dessus de ses moyens, mais va préférer mettre en image une intrigue prenante et intéressante sur des thèmes qui seront toujours d’actualité. Ainsi, l’aspect magique du film se retrouve très en arrière plan, et la formule Eko Eko Azarak elle-même n’apparaîtra dans le film que dans ses derniers instants. Ici, on se retrouve devant une histoire d’amnésie et de journalisme, pour une intrigue plutôt originale et bien foutue. Après un troisième épisode plutôt moyen, ça fait plutôt plaisir à voir, mais ne vous méprenez pas, dans ce nouvel opus, tout est dans la suggestion. Terminé les écolières en petites culottes, les démons, les gerbes de sang. Ici, il ne s’agît que de réalisme et de suggestion, le tout avec un rythme relativement lent. La scène d’ouverture donne le ton : couleurs souvent pétantes, et vertes, plans de caméras lents mais recherchés, splendide musique. Et malgré l’apparition du titre, on doutera longtemps du produit devant lequel nous nous trouvons, tant le film prend à contre pied tout ce qui a été fait. En début de métrage, Misa est emmenée à l’hôpital, inconsciente. Les macchabés de six jeunes ont étés retrouvés en forêt, aux côtés de Misa. La police est déjà sur les lieux, et deux inspecteurs sont chargés de l’enquête. Enquête qui ne va pas pouvoir évoluer des masses, puisque dés le réveil de Misa, celle-ci s’avère souffrir d’amnésie.

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Et logiquement, si Misa ne peux se souvenir des événements et de qui elle est vraiment, point de magie dans le métrage. Les autres eux, vont par accident deviner que Misa est une sorcière. Retrouvant sur les lieux du crime un étrange couteau, les journalistes vont tout de suite associer cet accessoire à la magie et au démon. Car dans ce film, le thème principal pourrait être le journalisme. A la manière d’un Tueur Nés dans le fond pour la férocité avec laquelle le réalisateur s’attaque aux médias, mais beaucoup plus calme dans les images, Eko Eko Azarak 4 dénonce la façon dont les médias travaillent, et n’hésitent pas à déformer la vérité ou détruire une personne pour avoir un scoop. Triste constat, qui a malheureusement toujours été dans notre société, qui était déjà dénoncé en 1994 avec Tueurs Nés, l’était encore avec ce film en 2001, et le problème est toujours présent. Dans le rôle du journaliste avide de scoops sensationnels, on retrouve Endô Kenichi, acteur qui s’est souvent remarqué en jouant des personnages excentriques, notamment dans Stop the Bitch Compaign, ou dans Visitor Q de Miike Takashi, où il jouait déjà un journaliste obsédé par son reportage, allant jusqu’à filmer son propre fils victime de maltraitance par ses camarades de classes. Ici, il sera prêt à tout pour avoir de l’audimat, et le reportage le plus sensationnel qui soit, allant jusqu’à déformer la réalité ou payer une jeune femme pour qu’elle apparaisse à la télévision en se faisant passer pour Misa. Le réalisateur nous dégoutte des médias, et nous fait éprouver pas mal de tristesse pour Misa, devenue le jouet des médias, et qui va ainsi être fuie par ses camarades de classe. Elle ne pourra compter que sur son amie Hitomi.

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Même si le film met totalement de côté toute intrigue fantastique, toute intervention de la magie, du moins 95% du temps, ce nouvel opus se révèle passionnant, et bien supérieur au troisième épisode. L’actrice jouant Misa s’en sort très bien, l’histoire est très bien écrite et le réalisateur s’applique vraiment pour nous donner un tout cohérent et attrayant. Si bien que le fait que Misa soit amnésique passe au second plan, le plus important pour elle et son amie étant de démontrer aux autres qu’elle n’est pas maléfique malgré ce que les médias en disent. Malheureusement, le pouvoir des médias est bien plus fort qu’on ne le croit, et cela nous amènera forcément à une scène finale d’anthologie, mais terminant malheureusement le film sur une note dont tout le monde, ou du moins n’importe qui ayant vu les précédents épisodes ou même la connaissant de nom se doute, et c’est bien dommage. Subtil et intelligemment pensé, le film se révèle pourtant d’un niveau égal aux deux premiers métrages de la saga, et n’a pas à rougir de son statut de V-Cinéma, ni même de son manque de moyen, que l’équipe a su faire jouer à leur avantage.

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14

Les plus:
Une intrigue intéressante
Parfois pertinent
Techniquement ça tient la route
Les moins:
Pas de magie
Rythme très très lent

En bref: Quatrième suite, et chaque épisode part dans une direction différente, pour le meilleur (cet opus et le second) et le pire (le troisième). Misant tout sur une intrigue humaine et réaliste, le film est maîtrisé à tout niveau jusqu’à un final un peu trop classique.

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