DEVIL de John Erick Dowdle


DEVIL

2010 – Etats Unis
Genre: Fantastique

Budget: 10 millions $
Réalisation: John Erick Dowdle
Musique: Fernando Vélazquez
Scénario: Brian Nelson d’après une histoire de M. Night Shyamalan
Avec Chris Messina, Jenny O’Hara, Bojana Novakovic, Bokeem Woodbine, Geoffrey Arend et Joshua Peace

Synopsis: Dans un building d’affaires, cinq personnes, trois  homes et deux femmes, se retrouvent bloqués dans un ascenseur au 36ème étage. Ils se rendent alors compte que le diable est parmi eux.

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Enchaînant ratage sur ratage depuis un bout de temps, M. Night Shyamalan propose maintenant ses histoires aux autres, comme si ça ne lui suffisait plus de planter ses propres films, et ce depuis Le Village, ou dans une moindre mesure, Signes. Il se contente donc ici de l’histoire de base, le scénario sera ensuite écrit par Brian Nelson, ce qui est rassurant, le bonhomme n’étant nulle autre que le scénariste de des deux meilleurs films de David Slade avant que celui-ci n’aille se vautrer dans Twilight Hésitation : le génialissime Hard Candy avec Ellen Page et le très bon film de vampires 30 jours de nuit. Vu la noirceur des deux films cités, on peut donc s’attendre au meilleur pour ce Devil, dont la campagne de pub aux Etats Unis n’a fait qu’attirer mon attention au fur et à mesure de mes sorties là bas : l’affiche, simple, ne contenant qu’un bouton d’ascenseur et le titre du métrage, ornait chaque arrêt de bus que je croisais au mois de Septembre. Bon scénario en perspective, et pour la mise en scène ? Shyamalan producteur choisit John Erick Dowdle. Un nom relativement méconnu, qui a signé… le remake américain de REC, En Quarantaine. Un film totalement inutile, bien réalisé certes, mais calquant chacun de ses plans sur l’original. Dur de voir du talent là dedans. Devil va être l’occasion donc de juger des capacités du bonhomme à mettre en scène une histoire originale. Dès la scène d’ouverture, et malgré une musique bien trop marquée et une voix off inutile, ça fonctionne, avec des plans qui auraient pu être banals sur une ville quelconque américaine, sauf que ceux-ci sont… à l’envers. Passé cette introduction, l’histoire ne perd pas de temps, et se divise en deux temps. On retrouve cinq personnes, enfermées dans l’ascenseur d’un côté, et deux flics qui enquêtent sur un suicide dans le même immeuble. Bien entendu, la partie la plus réussie du métrage sera celle se déroulant dans l’ascenseur en lui-même.

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Parmi les cinq personnes enfermées, il y aura un agent de sécurité, une vieille dame, un vendeur de matelas, une jeune femme et un homme dont on ne saura pas grand-chose. Rien de bien original finalement, des personnages tout ce qu’il y a de plus classiques. Et à peine quelques instants après que l’ascenseur soit bloqué, la tension commence à monter rapidement entre eux. Certaines personnes ne supportent pas d’être dans des petits endroits, d’autres réagissent au stress en tentant de vendre leurs produits, la musique d’ascenseur continue inlassablement de tourner. Et rapidement, des coupures d’électricités  vont tout faire basculer. A chaque coupure, un nouvel évènement va arriver, allant crescendo. Ça pourra aussi bien aller d’une simple main baladeuse (oui, le diable est coquin) à quelque chose de bien plus brutal. En dehors de l’ascenseur, la sécurité et la police tentent tant bien que mal de débloquer la situation. Tous les moyens sont bons, mais rien à faire. Et bien entendu, il faudra un espagnol dans la sécurité pour nous dire que le diable est dans l’ascenseur, car on le sait depuis longtemps et ça c’est grandement confirmé dans le mauvais REC2, les espagnols sont très religieux. Cette partie hors de l’ascenseur s’avère bien décevante, puisque tout ce qu’il se passera sera prévisible. Les réparations qui foirent, les accidents, les recherches sur ceux bloqués, qui ont tous quelque chose à se reprocher dans leur passé. Le scénario ira parfois loin dans les situations vues et revues dans tous les films de genre depuis les années 80. On aura même droit au classique câble électrique qu’il faut dégager d’une flaque d’eau. Les situations ridicules s’enchaînent, mais parfois, ça fonctionne. On a l’impression de se retrouver devant une série B des années 80, à la différence que celle-ci serait pétée de tunes.

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La fin continuera dans cette direction, mais les deux parties, dans l’ascenseur et en dehors, sembleront bien mieux s’emboiter, sans doute car le rythme s’accélère vraiment pour nous amener vers un final assez inattendu. Bonne chose donc ? Pas vraiment, car tout s’emboite bien trop facilement, le diable a beau être là, on le sait bien, le hasard fait bien les choses, tout arrive pour une raison, et la morale de toute cette histoire est bien niaise. Devil nous donne donc l’impression d’être un produit retournant aux films fantastiques de la grande époque, mais où, sans doute du aussi à sa courte durée (1h15 sans le générique) va trop vite, tout est du au hasard et tout s’emboite parfaitement, si bien que certaines révélations ou péripéties nous feront pousser des rires moqueurs. Devil bien que filmé avec le plus grand sérieux du monde, peine à convaincre. On ressent réellement une tension lors de certaines scènes dans l’ascenseur, au fur et à mesure que le doute s’installe parmi les cinq personnages. Le fait que personne n’est tout blanc ou tout noir est également une bonne chose assez rare, même si cela amène un final niais au possible. La réalisation efficace, l’idée générale du métrage ingénieuse ainsi que l’honnête interprétation des acteurs nous permet de relativiser, mais Devil n’en reste malheureusement pas moins un bon film, loin de là!

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8

Les plus:
Une honnête réalisation
Divertissant
Les moins:
Une musique trop appuyée
Rien de neuf
Des situations souvent ridicules ou prévisibles (ou les deux)

En bref: Bien que bien emballé, Devil souffre pourtant de grands défauts et de certains choix lorgnant vers la facilité qui n’en fait qu’un divertissement que l’on pourra apprécier en faisant autre chose à côté.

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