DETECTIVE STORY de Miike Takashi


DETECTIVE STORY

Titre original: Tantei Monogotari – 捕物帳
2007 – Japon
Genre : Policier
Réalisation: Miike Takashi
Musique: Endô Kôji
Scénario: Shirado Tsutomu
Avec Nakayama Kazuya, Maki Kurôdo, Hasegawa Tomoharu et Kikuchi Akiko

Synopsis: Kazama Raita est un détective privé. Un nouveau voisin s’installe à côté de chez lui, portant le même nom que lui : Takashima Raita, salaryman modeste. Les deux vont se retrouver à enquêter sur une série de meurtres dont le détective est le principal suspect.

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Petite pause pour le marché de la vidéo pour Miike Takashi entre ses gros projets que sont le très bon Sukiyaki Western Django (amputé de 30 minutes lors de sa première sortie en France et aux Etats Unis) et le décevant Crows Zero, Detective Story est un film pour le moins étrange qui peut déconcerter son public, même le plus gros fan de Miike, et donc, dans le cas présent, l’auteur de ses lignes. Le film s’ouvre de manière sublime, il faut l’avouer, mais totalement abstraite. Une maison perdue dans la nuit, un homme découpant des corps, des tableaux macabres aux murs, des intestins broyés, du sang dans une tasse, une peinture « humaine », une galerie d’art, un téléphone sonne, une petite fille au bout du fil, l’homme aux gants ensanglantés ne parle pas, voilà les premières images de ce Detective Story, sur la musique tout simplement sublime de Endô Kôji, fidèle compositeur de Miike Takashi. Une introduction complexe, abstraite, mettant dans le bain et donnant immédiatement envie d’en voir plus. Quand on pense que le dernier petit budget en vidéo de Miike était le chef d’œuvre Scars of the sun (avec Aikawa Shô), on attend beaucoup de ce nouveau film. Et pourtant, Miike ne va pas nous brosser dans le sens du poil, en alternant les genres, les effets de styles, ses expérimentations, en plaçant quelques hommages par ci par là. Passé cette introduction glauque au possible, Miike lance volontairement son film dans le genre de la…. comédie. Il nous présente Raita, les deux Raita, le détective, et son nouveau voisin, l’humour est de mise, la bonne humeur, puis le film prend le point de vu du détective. Normal pour un film qui s’appelle Detective Story!

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Le personnage du détective en lui même est ridicule, Miike appuie bien là dessus. Il se retrouvera fringué comme dans les années 70, avec un vieux jean, des chemises à fleurs, des bottes, et le fameux briquet au design qui va avec. Pour le jouer, Miike ne prend nul autre que Nakayama Kazuya. Si vous connaissez bien Miike, ou le cinéma asiatique, vous le connaissez surement. Il jouait tout simplement Izo dans le film du même nom, qui était son premier rôle principal. Le film prendra malheureusement beaucoup de temps à démarrer, et se contentera dans un premier temps de nous montrer le quotidien de ces deux personnages principaux, et de dévoiler timidement les bases de son intrigue. Raita le détective va peu à peu se révéler envahissant dans la vie privée de son voisin, Raita le salaryman, s’invitant chez lui après son travail, ce genre de choses, l’humour étant encore une fois de mise. Jusqu’au moment où une jeune femme viendra frapper à sa porte pour lui demander de l’aide. Notre détective n’en fera rien, et lui demandera gentiment de passer à son bureau demain. En plus de son look ringard, Miike fait de son personnage un alcoolique incapable, un peu stupide. Mais la jeune femme sera assassinée dans la nuit, et rapidement, Raita (le détective) devient un suspect pour la police. Il va alors décider de mener sa propre enquête, emmenant son voisin avec lui dans l’aventure. Miike continuera de ridiculiser son personnage en lui donnant des accoutrements comme des perruques, et pendant que l’enquête piétine, d’autres meurtres ont lieu, et Raita est le suspect numéro 1. Pendant ce temps, son voisin, Raita également, est occupé à draguer la secrétaire de notre détective, et l’emmène à une exposition de peinture, celle que l’on pouvait voir au tout début. Sur le papier, tout cela semble palpitant, bien que ne menant pas à grand chose, et pourtant cela représente quasi la moitié du métrage. Oui, Detective Story, bien que par moment sympathique, se traîne en longueur au départ. D’affreuses longueurs qu’avec le temps, Miike parvenait à éviter. Pas là!

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Il faudra bien attendre 45 minutes, avec la découverte d’un cadavre dans les toilettes de l’exposition (et voir l’actrice s’uriner dessus) pour voir l’hommage non dissimulé de Miike au Silence des Agneaux pour voir enfin l’intrigue bouger. Raita ira voir un ancien prisonnier qu’il a enfermé pour lui demander des conseils (franchement, il faut dire que cet hommage est assez difficile à dissimuler), et Miike se lâche dans quelques débordements sanglants qui ne plairont pas à tout le monde, avant de reprendre son intrigue et de vraiment la faire bouger, alternant les scènes surréalistes les plus prenantes aux scènes de dialogues vraiment utiles entre les deux Raita qui vont tenter de rassembler les pièces du puzzle. Quelques notes d’humour assez mal venues viendront ternir cette partie allant petit à petit dans une ambiance sombre et glauque rappelant l’ouverture du film, mais le plaisir est là jusqu’aux révélations finales. Le final justement, l’endroit où généralement Miike se permet tout pour faire plaisir à ses fans, et déconcerter les autres spectateurs (chose qu’il a cependant fait un peut tout le long du film dans le cas présent). Dans le cas présent, le final partira un peu dans tous les sens, alternant morceaux de bravoures gore improbables (les doigts coupés, tout ça) et interprétation et révélations joués sur un ton théâtral too much, et ce jusqu’au plan final un peu vain et maladroit, revenant sur le ton de la comédie. Que penser du film dans son ensemble ? Detective Story déçoit, soyons clair, il n’est pas accessible non plus pour la plupart des gens, il met du temps à démarrer et fait parfois preuve d’un manque de goût, alternant trop la comédie et le glauque, et tentant même parfois de les mixer. Le film se laisse regarder d’un œil, et on en retiendra surtout ses expérimentations visuelles, certaines scènes assez glauques, et la composition de Endô Kôji.

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7

Les plus:
La scène d’ouverture
Des scènes bien glauques
Retrouver Nakayama Kazuya (IZO)
Les moins:
Trop d’humour
Le final théâtral raté
Long à démarrer

En bref: Trop long, inégal, alternant comédie et glauque dans une intrigue policière ayant du mal à démarrer, Detective Story contient des scènes franchement excellentes, mais tardant parfois à se révéler.

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