DARK TALES OF JAPAN de Nakamura Yoshihiro, Tsurata Norio, Shiraishi Kôji, Shimizu Takashi et Ochiari Masayuki


DARK TALES OF JAPAN

Titre original : Suiyô puremia: sekai saikyô J horâ SP Nihon no kowai yoru
2004 – Japon
Genre: Courts métrages sur les légendes japonaises
Réalisation: Nakamura Yoshihiro, Tsurata Norio, Shiraishi Kôji, Shimizu Takashi et Ochiari Masayuki
Musique: –
Scénario:Nakamura Yoshihiro, Tsurata Norio, Shiraishi Kôji, Shimizu Takashi et Ochiari Masayuki
Avec Endo Shozo, Fukaura Kanako, Nakamura Shunsuke, Asaoka Megumi, Sugimoto Tetta et Kagawa Teruyuki

Et voilà une autre anthologie de courts métrages horrifiques venus du Japon, après les pas super Tales of Terror from Tokyo. Fort heureusement, on peut constater dés les premiers instants que malgré quelques réalisateurs similaires (dont Shimizu Takashi, réalisateur de The Grudge), les courts ici présents s’en sortent bien mieux. La raison ? Sans aucun doute une plus grande durée par court métrage. Là où Tales of Terror échouait lamentablement en nous fournissant bout à bout des courts métrages entre 3 et 5 minutes, ne laissant pas le temps à la tension de monter et aux spectateurs de s’identifier aux personnages, ici, la durée des métrages varie entre 10 et 25 minutes. Dark tales of Japan nous propose donc de suivre cinq histoires, plutôt variées, et ne traitant pas seulement de ce que l’on connaît le plus venant de ce pays. Et non, il n’y aura pas que des banales histoires de fantômes, bien que certains (Shimizu, pour ne pas le citer…) s’acharnent à le faire une nouvelle fois, et à se planter encore (suites à ces sketchs pour Tales of terror).

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La première histoire s’intitule The Spiderwoman. Un titre pareil donne dés le départ envie de rigoler, et c’est un petit peu ce que produira le début du métrage, volontairement. Deux journalistes font une enquête sur une légende concernant la femme araignée. En faisant paraître un article, ils reçoivent une tonne de courrier et de mails, provenant pour la plupart du même quartier. Ils en déduisent que la légende proviendrait de là bas, et l’un d’eux s’y rend, et va disparaître. Son collègue va alors y aller à son tour, et interroger les gens du quartier pour son article, avant de se rendre compte que la légende est belle et bien fondée. Sur cette histoire plutôt simple, le réalisateur installe doucement ces personnages et sa légende, d’abord sur le ton comique, avec les différentes lettres envoyées au magazine, aux histoires variées, puis en faisant grimper la tension efficacement au fur et à mesure une fois que le reporter se rend sur les lieux. La mise en scène sera assez travaillée, notamment aux niveaux des effets de lumières lors de la tombée de la nuit, et des effets visuels, peu montrés, ce qui les rendent plutôt efficaces. Un premier court donc surprenant et intéressant, alternant humour et tension assez adroitement. Débute alors la seconde histoire, Crevices, réalisée par Tsurata Norio (Kakashi), qui s’avérera être encore une fois intéressant, mais un poil trop court cette fois ci. Seulement 10 petites minutes. Cette histoire nous rappelle rapidement le film Kaïro, les longueurs en moins, et pour cause, puis ce sera le défaut inverse ici. Un jeune homme arrive dans un appartement dont le locataire a disparu, et dont il s’était porté garant. En rentrant dans l’appartement, ils se rendent compte que toutes les portes, fenêtres, meubles, bref, toutes les ouvertures ont étés scellés avec du ruban adhésif rouge. Bien que l’on en connaisse déjà la raison grâce au film Kaïro, l’ambiance s’avère plutôt réussie, et le final parviendra à nous faire sursauter.

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La troisième histoire, The sacrifice, sortira encore une fois de l’ordinaire, et nous proposera de suivre le périple d’une jeune femme dont un collègue de travail lui posera quelques ennuis, en lui lançant une malédiction. Réalisé par Shiraishi Kôji, qui débutait à l’époque avec Ju-Rei, juste passable, ou encore Dead Girl Walking ou le très bon Noroi,  il nous montre ici quelque chose de radicalement différent, dans le fond comme dans la forme. Sans pour autant être exceptionnel, cette histoire tient la route grâce à une réalisation plutôt solide et surtout, une interprétation juste et nuancée. Les acteurs remplissent à merveille leurs rôles, et si on se doute clairement du fin mot de l’histoire, divers éléments restent surprenants et bienvenus. Par contre, pour ce qui est de la peur, rien à se mettre sous la dent, ce qui est plutôt dommage vu l’ambiance que le métrage se permettait d’installer petit à petit. C’est là qu’arrive le plus mauvais sketch de cette anthologie, et aussi le plus court, signé Shimizu Takashi. Rien que le titre laisse apercevoir la couleur et la débilité, bien qu’originale, du concept. Il nous invite dans Blonde Kwaidan à suivre le parcours d’un japonais se rendant à Los Angeles pour affaire, et ayant une obsession voyante pour les blondes. Il en voit partout, il en rêve, il lit des livres les concernant. Bref, il ne pense qu’à ça, et comme l’indique le titre, il finira par en rencontrer une. Sauf qu’elle ne sera pas vivante. Dans ce petit sketch, Shimizu se contente de reprendre les clichés qu’il a lui-même installé dans les Ju-On et les retranscrit dans le contexte américain, comme il le faisait dans les remakes américains de Ju-On the grudge. La déception est fortement au rendez-vous, et on ne retiendra rien de cette histoire.

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Fort heureusement arrivera le dernier sketch, d’une vingtaine de minutes, The presentiment, réalisé par Ochiai Masayuki, à qui l’on doit les films Parasite eve et Infection (et le remake de Shutter: Spirits….). Ce sketch joue plutôt la carte de l’originalité plutôt que de la frayeur. Les frissons, il n’y en aura pas, et pourtant, le tout sera plutôt prenant, et surprenant. Au départ, on se demande devant quel film nous sommes. Un employé de bureau trace un trajet sur un plan de la pièce, pour ramper sous les bureaux sans se faire voir par les caméras de surveillance et ainsi voler d’importants fichiers sur l’ordinateur de son patron. Passé cette introduction, la quasi-intégralité du court se déroulera dans un ascenseur, dans lequel notre personnage se retrouvera bloqué en compagnie de trois autres personnes, au teint blanc et au comportement quelque peu étrange. Le court sera surtout psychologique, et une certaine tension se fera ressentir, mais elle n’explosera jamais pour nous faire passer un cap, d’où une petite déception, malgré l’ingéniosité de ses derniers plans. Dark Tales of Japan s’achève alors, nous laissant un bon souvenir malgré quelques défauts et un sketch franchement mauvais.

13

Les plus:
De bonnes histoires
Acteurs et mise en scène de bonne facture
Quelques histoires originales
Les moins:
Inégal
L’histoire de Shimizu

En bref: On a vu mieux ailleurs, mais certaines histoires sont originales et parviennent à faire monter la tension. Le court de Shimizu s’avère être le plus faible, tendis que le reste s’en sort bien pour les moyens accordés.

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