C.H.U.D de Douglas Cheek


C.H.U.D

1984 – Etats Unis
Sortie française le 27 Février 1985 
Genre: Monstres
Réalisation: Douglas Cheek
Musique: David A. Hughes
Scénario: Parnell Hall et Sheppard Abbott
Avec John Heard, Daniel Stern, Christopher Curry et Kim Griest

Synopsis: Les rues de New-York ne sont pas très sûres. Depuis peu, une vague de disparitions étranges met la ville en émoi. Des passants, hommes, femmes, vieux et jeunes, sont happés en pleine rue par d’horribles créatures vivant dans les égouts de la mégalopole. Aidés par des sans-abris, un journaliste et un policier enquêtent pour comprendre ce qui se cache dans les entrailles de la ville où d’immondes mutations pourraient bien mettre en péril toute la population new-yorkaise.

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CHUD est une production américaine typique du début des années 80, voulant rendre hommage aux films de monstres des années 50, tout en y incorporant un sujet d’actualité à présent usé jusqu’à la moelle : la contamination nucléaire. Thème qui a d’ailleurs fait la joie de nombreuses productions B et Z du cinéma italien des années 80, avec Les rats de Manhattan ou encore Alien la créature des abysses ou Killer Crocodile. Mais ici, le film est américain, et reste par ailleurs le seul film de Douglas Cheek, ce qui peut faire peur, surtout que le métrage a connu une désastreuse suite à la fin des années 80 et n’ayant plus vraiment grand chose à voir. Et pourtant, CHUD, premier du nom, arrive à maintenir l’intérêt du spectateur et s’avère même être un excellent divertissement malgré un scénario classique, et ce grâce à une bonne mise en scène et un excellent traitement de ces personnages. Le pari n’était pas gagné d’avance, puisque est-il possible de faire un bon film de monstres lorsque ceux ci sont ratés ? CHUD est bel et bien l’exception à la règle, puisque les monstres sont bels et bien ratés, mais que l’intérêt ne réside pas là. Oui, les monstres, nous les verront peu, le film préférant s’attarder sur trois différents personnages et sur le milieu des sans abris dans la ville de New York. Trois personnages aux horizons très différents, mais dont les disparitions ayant lieu dans un quartier particulier de New York vont les faire se rencontrer. Nous avons déjà l’inspecteur Bosch, qui s’occupe des disparitions personnellement depuis la disparition de sa femme. Puis le photographe George Cooper, qui vit avec sa femme, enceinte, et travaille sur des photos des sans abris vivant dans les égouts. Et pour finir, A.J. Shepard, qui s’occupe de la soupe populaire, et donc des sans abris, dont certains ont disparus, ceux vivant dans les égouts. Comme dit plus haut, une des forces du métrage réside dans ces personnages, même si tout cela est bien encré dans les années 80. Et pour les interpréter, on retrouve des acteurs chevronnés : John Heard (Snake eyes de De Palma, Maman j’ai raté l’avion 1 et 2) pour le photographe, Daniel Stern (Very Bad Things, Maman j’ai raté l’avion, Leviathan) pour AJ. et Christopher Curry (Dragon Rouge) pour l’inspecteur.

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Même si son scénario est construit de manière classique, celui ci s’avère astucieux sur bien des points et parvient à se détacher des autres films de montres qui ont parfois pollués les écrans. Le scénario va donc nous détailler la vie de ses différents personnages, mais également dépeindre le milieu des sans abris dans la ville de New York, est plus particulièrement ceux vivant dans les égouts de la ville, vaste réseaux de tunnels. A.J. s’en occupe, George les prend en photos et Bosch les recherche. Tout ce bon monde va se rencontrer et le scénario fera durer le suspense, ne dévoilant que très peu les créatures. Nous verrons parfois une main, une dentition (qui eux sont bien fait), mais lors du final, dés que les créatures sont entièrement dans l’écran, c’est le drame, ils ne sont pas vraiment crédibles. Non pas qu’ils soient spécialement mal faits, loin de là, mais leur design est des plus spéciaux, avec des gros yeux rond jaune lumineux, on dirait des ampoules qui brillent dans le noir. Passé ce petit détail qui peut gêner, il serait dommage de se priver de cette petite production qui prend certes son temps, mais qui n’ennuie jamais. Même si le fond de l’histoire est des plus classiques (finalement, les hommes sont plus affreux que les monstres), cela est très bien amené et fonctionne. Les monstres semblent même parfois tellement en arrière plan qu’on en viendrait à se demander si l’on regarde véritablement un film d’horreur. Le film est bavard certes, mais les acteurs rendent leurs personnages crédibles et attachants. Mais cela ne suffit pas à faire un bon film d’horreur me direz vous, surtout si les monstres sont vraiment si peu présents, mais heureusement, CHUD possède encore bien des qualités, que l’on appréciera ou pas suivant notre facilité à rentrer dans le métrage.

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La mise en scène de Douglas Cheek est vraiment bonne, celui ci trouve les bons angles, sait diriger ses acteurs et créer une ambiance. La musique de David A. Hughes se marie à merveille aux images, autant dans les scènes d’ambiance dans les égouts de la ville que dans les scènes de suspense, même si aujourd’hui, on pourra trouver tout cela un peu vieux et dépassé. Pourtant, quelque chose se dégage véritablement du film dans les nombreux plans où les personnages déambulent dans des tunnels crades et sans fin. Si les monstres arrivent très tardivement, le film nous montrera furtivement quelques cadavres démembrés ou décapités, mais rien de véritablement méchant. A noter que le film possède deux versions, la version française de 83 minutes et la version anglaise de 93 minutes, nous montrant quelques scènes supplémentaires cruciales pour les personnages, et avec une séquence qui ne se situe plus au même endroit, supprimant par la même occasion une incohérence. Que dire de plus de CHUD ? L’œuvre peut maintenant paraître dépassée, la mise en scène, le fond du scénario et les personnages sont de leur époque, mais le tout est bien fait et ingénieux, donc pourquoi bouder le film, trop surestimé, même si une suite a vue le jour. CHUD peut maintenant se regarder soit avec nostalgie pour ceux l’ayant vu à l’époque, ou, pour l’apprécier, en gardant en mémoire qu’il s’agit d’un film comme les années 80 en a beaucoup produit, mais surprenant dans la façon d’aborder le film de monstres.

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Les plus:
Une très bonne ambiance
De bons acteurs
L’ambiance musicale très années 80
Les passages dans les égouts
Les moins:
Des monstres ridicules
Parfois trop lent
Personnages stéréotypés

En bref: A défaut d’être un classique du genre, CHUD est une série B des plus sympathique et attachante.

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