THE CAT de Ngai Kai Lam


THE CAT

Titre original : Lao Mao
1992 – Hong Kong
Genre : Qu’est ce que…. ????
Réalisation: Nam Lai Choi
Musique: – 
Scénario: Gordon Chan et Hing-Ka Chan
Avec Waise Lee, Gloria Yip, Philip Kwok et Christine Ng

Synopsis: Un écrivain décide d’enquêter sur un mystérieux chat protégé par un vieillard et une jeune fille. Il ne tarde pas à découvrir que la bestiole est un général extraterrestre qui souhaite rentrer chez lui avec ses deux compères. Mais leur adversaire démoniaque, un hideux monstre gluant, ne l’entend pas de cette oreille…

Ah, Ngai Kai Lam, si ça, ce n’est pas un réalisateur culte à classer aux côtés des… oui non je m’emballe déjà je sais. Ngai Kai Lam est un réalisateur totalement à part, dont certaines personnes vouent un culte total en sa personne pour une série de films de fin de carrière proprement hallucinants dans tous les sens du terme, et encore, aucun terme ne parviendra à décrire le travail du bonhomme. Mais en réalité, il n’aura pas fait des masses de films d’ailleurs, sa carrière commençant en 1982 avec Brothers from the walled city et se terminant pile 10 ans après, en 1992 donc, et 13 films ensuite, avec le fameux The cat qui nous intéresse ici. Métrage intéressant puisque dans son précédent, Story of ricky, il plaçait la barre de son cinéma assez haut, et donc la déception pouvait être grande. Que nenni ! Story of Ricky était donc un gros délire gore, mélangeant kung-fu, comédie, monstre géant et gore dans la bonne humeur la plus totale, enchaînant erreur de réalisation sur erreur de réalisation, rendant l’ensemble tout simplement irrésistible. Il lui aura fallut un an pour revenir avec The cat, partant déjà sur de bonnes bases avec une histoire totalement barrée, une réalisation comme seul Ngai Kai Lam pouvait nous en donner, des effets spéciaux alternant le gore qui tache et l’effet bricolé avec 10 centimes d’euros (et encore je suis gentil) et avec, pour personnage principal, un chat. Quel programme, on est déjà sur le cul, et pourtant, le film ne fait que commencer. Wisely est un policier qui décide d’écrire l’histoire qui vient de lui arriver. Tout commence calmement, l’image est crade, le cadrage et le montage approximatif, un des amis de Wisely est sans cesse dérangé la nuit par le bruit d’un de ses voisins. Il décide de se plaindre et va donc faire la connaissance de celui ci, un vieillard, qui habite également avec une très jolie demoiselle (oui, jolie, car niveau talent d’actrice, elle pourra aller se rhabiller, comme l’intégralité du casting) et un chat. Ils ne vont pas tarder à déménager, et des intestins de chats seront retrouvés dans l’appartement. Jusque là, tout va bien, on ne comprend pas tout, mais comme c’est un film de Ngai Kai Lam, on ira pas chercher trop loin, les explications peu compliquées et tirées par les cheveux viendront par la suite.

Les choses se gâtent avec l’arrivée d’un extraterrestre fort étrange à l’aspect gélatineux et donc, bien crade. Et ça y est, 10 minutes à peine après le début, le gros délire commence pour ne finalement quasiment pas s’arrêter. Le chat et la jolie fille vont aller dans un musée afin d’y récupérer une œuvre importante exposée, et on se rend compte que super chachat a des pouvoirs magiques, et surtout semble assez acrobatique. Malheureusement l’arrivée d’un gros monstre gluant, difforme, mal fait et rigolo viendra mettre un terme aux acrobaties du chat, et tout le monde prend la fuite. Wisely, inspecteur de police qui a entendu parler de cette histoire, va mener l’enquête, persuadé que le chat est la clé, et ne va rien trouver de mieux pour l’aider que d’emprunter un chien à un de ses amis. Ce qui nous amènera plus tard à la séquence la plus culte du métrage, mais on y reviendra. Car entre temps, le réalisateur n’a aucunement envie que le spectateur s’endorme, et, fidèle à sa réputation, tout et n’importe quoi arrivera à l’écran, un bon gros bordel comme on les aime, à condition de mettre à la porte tout ce que l’on aime habituellement dans le cinéma. Ici, pas de beaux cadrages, de magnifique photographie, d’acteurs charismatiques au jeu profond, d’histoire développée. Même le pauvre personnage de Wisely ne servira finalement à rien dans le métrage, se contentant d’être le spectateur de l’intrigue, de suivre le chat, ou d’accueillir sur ses genoux sa compagne en sueur, permettant au réalisateur de nous sortir un sublime plan de plusieurs secondes sur une aisselle en sueur (dont vous avez la photo plus haut, je n’ai pas résisté…). Aucun doute, du grand cinéma. Mais deux éléments viendront achever le spectateur (ou le faire jubiler totalement). Tout d’abord, il y a bien entendu le fameux combat de cinq minutes entre notre chat venu de l’espace et un chien. Scène totalement hallucinante, à mourir de rire, que l’on pourra regarder encore et encore, longtemps après la vision du métrage, tant le réalisateur semble prendre tout cela très au sérieux. Notre chat fait des sauts périlleux, étrangle le chien avec son propre collier, le mord, fait des sauts en longueurs de plusieurs mètres, joue à Tarzan en s’accrochant à une corde, électrocute même le chien, sans oublier qu’il sait activer les essuies glaces d’une voiture. Rien que pour cette séquence, mélangeant les vrais animaux, de la vieille animation toute pourrie et bien entendu, des peluches, The cat mérite une vision.

Mais ce n’est pas tout, puisque The Cat nous gratifie de la présence oh combien généreuse et jouissive de Philip Kwok. Jouant un policier dont le méchant extraterrestre voulant tuer le gentil chachat a prit possession, il s’en donnera à cœur joie, armé de divers fusils (à pompe ou non), de mitrailleuses de toute sorte et de toute taille, de grenades, lors de deux séquences mémorables. Dans la première, il fera un carnage au fusil et à la mitrailleuse, tuant une dizaine de personnes d’un coup, coupant des mains au fusil, explosant des têtes à la grenade, tandis que dans la seconde, il s’acharnera sur une pauvre petite maison en vidant au minimum 200 cartouches de fusil et au moins cinq chargeurs de mitrailleuses. Autant dire qu’outre le prix des peluches et du dresseur d’animaux, tout le budget a du partir dans les armes, tant le reste des effets va du tout juste correct (et visqueux) au ridicule assumé pleinement. Les acteurs quand à eux évoluent sans conviction dans un univers, celui propre au metteur en scène, qui doit sûrement échapper au commun des mortels. Dommage que quelques longueurs inutiles viennent se greffer entre deux séquences cultes, pour ce film difficile à trouver. Mais ce n’est pas tout, puisqu’un film de fin de carrière de Ngai Kai Lam ne serait absolument rien sans son monstre géant à la fin, avant de conclure le tout dans une niaiserie tellement improbable et ridicule qu’elle parvient à coller à tout le reste du métrage. Nous avons donc droit encore une fois à notre monstre géant, sous plusieurs formes, animés de plusieurs manières différentes, pour affronter super chat au dessus d’un immeuble. Ngai Kai Lam est fou, ce n’est plus à démontrer, il ne sait pas diriger un acteur, accumule les erreurs de mise en scène, ses cadrages sont parfois affreux et incompréhensibles comme la photographie aux couleurs parfois baveuses, mais finalement, c’est pour ça qu’on l’aime. Un homme qui va au bout de ces idées je m’en foutiste avec une telle conviction que l’on aime ça. Zéro pointé cinématographiquement, mais tout ce qui est si mauvais rend le film si bon.

16

Les plus:
Totalement hallucinant
Des idées de taré
La scène du combat entre le chat et le chien
Le monstre géant final
L’ambiance générale n’importe nawak
Les moins:
Techniquement mauvais
Scénario bidon
Effets spéciaux à la ramasse
Pas super bien joué

En bref: Le dernier film du Ed Wood hongkongais, un métrage totalement barré, délire et décomplexé où s’accumule les séquences cultes, entre les carnages, les bad guys, les monstres géants et les scènes de kung-fu avec un chat. Culte.

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