MAN HUNTING: REDEMPTION de Koshizaka Yasushi


MAN HUNTING: REDEMPTION

Titre original : マン・ハンティング リデンプション
2011 – Japon
Genre: Tueur fou
Réalisation: Koshizaka Yasushi
Musique: –
Scénario: Kaede Miel et Miyajima Yukio
Avec Tachibana Saya, Aiba Rubi, Kamiyoshihara You, Kawana Ryûhei et Nakatami Risa

Synopsis: Le mystérieux tueur à capuche capture la jeune fille d’une famille aisée. Le père de la famille décide d’envoyer dans la forêt un commando armé et entraîné ainsi que sa propre secrétaire. Ils retrouvent assez rapidement l’otage, vivante, mais les ennuis ne font que commencer.

Comme son nom l’indique, le métrage fait suite au premier Man Hunting, sorti il y a tout juste un an avant seulement au Japon. Premier film de Koshizaka Yasushi, le monsieur a depuis (et continue) enchaîné les métrages d’un intérêt moindre : Missing 44 et sa suite, deux films érotiques bas de gamme et Idol Bomb. Il est revenu à son premier film avec Man Hunting – Redemption, qui fut rapidement suivi par d’autres métrages  fin Août  2011 (Drum Limit, inspiré de Buried, mais avec un tonneau à la place du cercueil et avec de l’érotisme en plus), début Septembre (Missing 55, inutile de préciser il s’agît de la suite de quel métrage) et début Octobre (la suite de Missing 55). Un réalisateur très productif, pour des films pas toujours réussis. Man Hunting – Redemption, s’il n’est pas aussi réussi que son ainé, reste tout de même dans le haut du panier de la filmographie de Koshizawa. Soyons clair, cette suite rempli le cahier de charge d’une suite tout à fait banale : plus de personnages, plus de retournements de situation, plus de sang, plus de seins, plus de plans culottes (oui bon ces derniers points, c’est seulement dans le milieu des suites de V-Cinéma). Malheureusement, il contient pas mal de défauts qui font du métrage tout sauf une suite aboutie (enfin si l’on peut utiliser ce terme dans le cas présent), sans pour autant rendre le film désagréable, pour quiconque adhère à ce genre de métrages totalement fauchés. Pourtant, tout commençait si bien lors de la scène d’ouverture, nous rappelant les plus grands passages du premier métrage. Une fille dans la forêt, en train de courir (et de crier aussi un peu par la même occasion), notre tueur à capuche, son arbalète, quelques coups bien tirés (d’arbalète hein), et nous sommes dans le bain. Puis comme dans le premier opus, nous suivons quelques personnages en dehors de la forêt pendant quelques minutes, histoire de placer un peu l’histoire, le contexte. Première bonne surprise de la part du métrage : ne pas être un copié collé bête et méchant de l’original. Recevant sur son téléphone portable une photo de sa fille blessée par le tueur, un père de famille riche envoi immédiatement sur place un groupe de commando armé de fusils en plastique (et de couteaux… en plastique également), ainsi que, juste par précaution, sa fidèle secrétaire à lunettes (on se demande bien pourquoi). Multiplication des personnes, commando armé, pauvre victime féminine, secrétaire à lunette, tueur à capuche, le réalisateur ne se moque pas de nous.

Malgré les armes un brin ridicules à l’écran, l’ensemble fait plaisir à voir, et c’est après même pas quelques minutes de marche que notre équipe arrive dans l’antre de notre tueur. Quelques cadavres (nus bien entendu), la découverte de notre prisonnière dans une cage, et notre tueur débarque. A partir de là, le film va accumuler les bonnes (et folles parfois) idées et les moments beaucoup moins convaincants, voir parfois énervants. Le métrage propose bien plus d’action que dans le film original, il faut dire qu’avec de tels personnages, le film s’y prête rapidement. Ça tire dans tous les sens, on aura droit à quelques combats au couteau, à de multiples tirs d’arbalète. Bref, on jubile. Mais petit budget (que dis-je, minuscule) oblige, les nombreuses gerbes de sang du métrage seront pour la plupart numérique, et pas toujours du plus bel effet. Si cela passe encore, le métrage intègre d’autres mauvaises idées qui vont totalement le déséquilibrer. Si au niveau de l’histoire, les deux scénaristes font du bon boulot avec le peu de moyen proposé, multipliant les retournements de situations, avec tout le monde trompant tout le monde, le tueur chassant les jeunes femmes pendant que les militaires chassent le tueur. Finalement, ce sera un peu chacun pour soit, et cela apporte du neuf dans un récit au départ simpliste, même si en soit la structure restera la même que dans le premier film : présentation, beaucoup de poursuites, quelques meurtres, encore des poursuites, et une « épreuve » finale. Mais là où le premier film était rythmé de bout en bout, cette suite connaîtra de grosses baisses de régime en milieu de récit. Alors que la jeune fille prisonnière et la secrétaire à lunettes sont livrées à elles même dans la forêt, qui plus est attachées l’une à l’autre avec des menottes (idée pouvant ajouter beaucoup au métrage), le film va se perdre alors pendant une dizaine de minutes dans des scènes répétitives où l’actrice ne va faire que crier, pleurer, se plaindre, tomber, se plaindre à nouveau, avant de reprendre sa route. Lassant.

Heureusement le métrage se ressaisit rapidement grâce à de nouvelles bonnes idées. Notre tueur se fera tirer dessus, poignarder, et pourtant, rien ne semble l’arrêter. On peut alors se poser beaucoup de questions sur lui (ce qui amènera un troisième opus cette année), et c’est un bon point. Mais le point d’orgue du métrage restera son final. Le réalisateur se lâche totalement en réunissant tous les personnages dans l’antre du tueur et en mettant dans son métrage tout ce qu’il faut et ne pas faire. Epreuve finale sadique pouvant rappeler la fin du premier opus, réalisation toujours aussi moyenne, des plans seins et des plans culottes totalement gratuits qui font franchement bien rire, du sang (autant vrai, enfin fait sur le plateau, que numérique), des couteaux en plastique, un tueur à la voix toujours déformée, et encore mieux, nous aurons droit à une douche dorée arrivant sans prévenir. Man Hunting Redemption se révèle au final totalement déséquilibré entre ces moments funs et bien trouvés et d’autres moments beaucoup plus bavards où les actrices en train de crier pourront totalement énerver. Malgré tout, il reste très sympathique (à condition d’être habitué aux films fauchés, celui ne connaissant que les blockbusters américain aura envie de brûler le film), se révèle bien supérieur à certains films du metteur en scène et fait passer une petite heure (1h09 précisément) assez rapidement sans que l’on se prenne la tête. A dire vrai, c’est tout ce qu’on lui demandait, pari réussi donc.

11

Les plus:
La suite du meilleur film de Koshizaka Yasushi
Pas mal de meurtres
Pas mal de nudité
Des retournements de situations
Des passages gratuits totalement hallucinants
Les moins:
Grosse baisse de régime en milieu de film
Armes et couteaux en plastique
Sang parfois numérique

En bref: Inférieur au premier film, Man Hunting Redemption se révèle pourtant tout à fait regardable, faisant passer un bon moment malgré ses défauts.

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