CALVAIRE de Fabrice du Welz


CALVAIRE

Sortie française le 16 Mars 2005
Budget: 1.5 million €
2004 – France
Genre: Horreur
Réalisation: Fabrice du Welz
Musique: VincentCahay
Scénario: Fabrice du Welz et Romain Protat
Avec Laurent Lucas, Jackie Beroyer, Philippe Nahon et Brigitte Lahaie

Synopsis: Chanteur itinérant, Marc Stevens vient de terminer une représentation dans une maison de retraites en Belgique et il doit se rendre dans le sud de la France pour Noël. Malheureusement, peu de temps après son départ, sa camionnette tombe en panne dans un coin paumé. Guidé par Boris qu’il rencontre, il passe la nuit dans une auberge isolée. Son propriétaire, Bartel, sympathique et toujours là pour aider, ne s’est en réalité jamais remis du départ de sa femme, Gloria, et il ne va pas tarder à voir en Marc celle qui l’a quitté. Il ne la laissera pas partir à nouveau.

Considéré comme un film choc, sur lequel on souvent été mit les mots : « glauque », « dur » ou « malsain », il était temps pour moi de voir enfin ce métrage, confiant de trouver un film unique dans le paysage cinématographique français (même si depuis quelques années, on a le choix en cinéma français différent, avec par exemple A l’intérieur ou Irréversible), mais également la peur d’être déçu, comme c’est souvent le cas pour les films encensés par le public et la critique. Malheureusement, Calvaire est, en effet, un véritable calvaire, et ce très rapidement, et n’a pas grand-chose à proposer. Le réalisateur, Fabrice du Welz, a voulu rendre hommage à tous les survivals des années 70 et 80. Que ce soit La dernière maison sur la gauche de Wes Craven (avec lequel j’ai toujours autant de mal) ou le génial Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, pour ne citer que les plus connus. L’intention est louable, mais pose directement un souci : le genre, bien que parfois très réussi, repose en général sur une base scénaristique assez maigre, et il faut donc savoir rehausser le niveau en proposant soit des scènes chocs et inoubliables, une ambiance vraiment malsaine ou une réalisation de haute volée, et bien entendu, des personnages auxquels on puisse s’identifier. Calvaire n’a aucuns de ses points pour lui véritablement, malgré beaucoup de bonnes intentions de la part du metteur en scène, ou même de l’ensemble des acteurs. Le début annonce en quelque sorte la couleur, et on s’attendait pourtant au meilleur. On découvre Marc Stevens (Laurent Lucas, plutôt convainquant au départ, et que j’avais adoré dans le film Lemming) en train de se préparer pour donner un spectacle musical dans une maison de retraite. La mise en scène s’avère plutôt efficace, l’ensemble est filmé caméra à l’épaule, les plans sont volontairement hésitants, on ne sait pas s’il faut rire du ridicule de la situation devant Marc faisant son spectacle, chantant à des vieillards des chansons d’amour.

Après quelques épisodes un brin ridicule ou Marc fait craquer une vieille (ridicule, mais pourtant bien malsain dans le fond) et son employeur (Brigitte Lahaie, dont le rôle se retrouve être plus de la figuration qu’autre chose, avec une scène et quelques photos érotiques, bien dommage vu le potentiel), Marc reprend la route et tombe en panne très rapidement dans un coin paumé, où il va rencontrer deux villageois : Boris d’abord, sans arrêt à la recherche de son chien qui a disparu, puis Bartel, le gérant d’une auberge plus très active (ce que l’on comprend vu le coin paumé). Marc va devoir passer la nuit ici, tout va pour le mieux, Boris semble très étrange et inquiétant, tandis que Bartel ressemble à n’importe qui, à vous et moi. Un homme sympathique, en apparence. Le réalisateur prend le temps pour nous présenter ses personnages, planter le décor, et filme malgré le peu d’argent à sa disposition les décors, que ce soit les intérieurs de l’auberge, la grange ou la forêt avec brio. Ce qu’il réussira moins, ce sera tout le reste, tout ce qu’il y a à côté, et le temps nous semblera bien long. Il faudra véritablement attendre 45 minutes de film (qui ne dure que 1h25) avant que les choses ne bougent. Jusque là, le réalisateur prend son temps en filmant des discutions interminables entre Marc et Bartel, et pas franchement passionnantes, ou Laurent Lucas va encore une fois pousser la chansonnette lors d’une scène de repas. Lorsque l’on croit que tout va bouger lorsque Bartel va fouiller dans le camion de Marc (volant son téléphone portable et les photos érotiques de Brigitte, le coquin), il n’en sera rien, mais on saura enfin à quoi s’en tenir avec ce personnage jouant très bien sur les faux semblants. Marc lui va se balader, insouciant de la probable menace qui rode, et assister de loin aux pratiques des gens de la compagne (avec viol d’un veau, super). Nous, on s’ennuie, malgré de très beaux plans et des acteurs convaincants. Puis le film décidera de bouger enfin (enfin un peu seulement), Bartel va enfin révéler ses véritables motivations, et séquestrer Marc, persuadé qu’il est en réalité Gloria, sa femme partie. Ironique, après avoir fait craquer les femmes de la maison de retraite, Marc fait craquer Bartel. Intéressant, mais amené assez tardivement.

Mais finalement, le scénario ne décollera pas des masses. Le gros point faible du métrage viendra de là, rien ne va évoluer, la suite du métrage va rester sur son idée de base et ne pas s’étendre ni tenter quelque chose d’autre (là où La dernière maison sur la gauche changeait dans son dernier quart d’heure et où Massacre à la tronçonneuse nous offrait de la folie pure avec la scène du repas). Quelques scènes intéressantes mais jamais vraiment abouties viendront nous réveiller, comme celle où Marc est attaché dans la grange à une croix tel le Christ, mais nous ne verrons pas grand-chose, ou la scène dans le bar du village où les autres habitants se montrent aussi étranges que Bartel, mais encore une fois, le scénario n’ira pas au bout de cette idée et préférera finir la scène sous forme de séquence musicale et dansante un brin risible. Pire, la suite du film tentera une scène de repas entre Bartel, Boris et Marc, s’inspirant vaguement de Massacre à la tronçonneuse, mais n’ayant jamais la même portée et le même degré de folie, malgré une mise en scène plutôt intéressante encore une fois. La scène se révèle tout de même intéressante, bien que vaine. C’est d’ailleurs sans doute cette envie de rendre  hommage à des films sans vraiment développer son sujet qui donne une impression de déjà vu bâclée au métrage. Le dernier quart d’heure voudra changer la donne en insérant quelques nouveaux éléments et en changeant le film avec la réelle arrivée des villageois dans l’histoire, mais à ce stade, c’est encore une fois un peu vain, toute cette violence verbale, sexuelle ou sanglante gratuite ne change pas la donne, surtout que la finalité s’avère prévisible et bien longue à se mettre en place. Si le film se serait bougé plus tôt et aurait proposé un scénario et des personnages plus étoffés, ce serait passé, mais non, pas là. Définitivement, les films français prenant place à la campagne ne sont pas pour moi, avec pour mémoire Sheitan, pire film que nous a offert le cinéma français de ces 10 dernières années.

5

Les plus:
Techniquement intéressant
Laurent Lucas, parfait
Les moins:
Chiant
Pas assez étoffé niveau scénario

En bref: Calvaire reste un film joliment mis en scène, bien joué, mais chiant, et surtout creux, se reposant uniquement sur son idée de base sans voir plus loin. Dommage qu’il soit un tel calvaire à regarder.

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