BODY PARTS de Eric Red


BODY PARTS

1991 – Etats Unis
Budget: 10 millions $
Genre: Tueur en série
Réalisation: Eric Red
Musique: Loek Dikker
Scénario: Eric Red et Norman Snider
Avec Jeff Fahey, Paul Ben-Victor, Kim Delaney, Nathaniel Moreau, Sarah Campbell et Brad Dourif

Synopsis : Bill Chrashank, qui a perdu un bras dans un accident de voiture, se voit greffé le bras d’un condamné à mort. Le problème, que Bill va bientôt découvrir, est que ce bras est habité par une force qu’il ne contrôle pas…

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Bill est un homme heureux, il a une belle femme, deux enfants, bref, une belle vie de famille que beaucoup pourrait lui envier. Son travail, c’est une autre histoire. Il est psychologue pour les criminels, et il en voit de toutes les couleurs. Sa vie va changer suite à un accident de voiture brutal où il perdra son bras droit. Une nouvelle technique à la pointe de la technologie va lui permettre d’avoir un nouveau bras. Le pitch est simple, mais promet d’être efficace. Seulement, à l’écran, c’est une toute autre histoire, alors que ça commençait vraiment bien, avec l’accident de voiture, brillamment filmée, d’une rare violence. Une voiture au pneu crevé va devoir s’arrêter en urgence, Bill, qui était derrière, fait de même, jusqu’à l’arrivée d’un gros poids lourd qui va percuter sa voiture et lui faire traverser le pare-brise, et ainsi perdre son bras droit. Le début s’avère donc vraiment brillant en terme de mise en scène, et très rapidement, on arrive à l’opération, ce qui nous donnera l’occasion d’apercevoir quelques effets saignants. L’interprétation est en tout point correcte, et le tout est plutôt bien rythmé. Que demander de plus, si ce n’est que l’intégralité du film soit du même acabit ? Mais les bonnes choses ne durent pas, puisque passé la greffe du bras, le rythme du film va grandement faiblir, et les évènements vont devenir assez prévisibles… totalement en fait. Il s’avère que le bras qu’on vient de lui greffer provient d’un détenu, coupable d’une vingtaine de meurtres, et venant d’être exécuté. Comme on peut s’y attendre, comme dans tous les films où un homme se fait greffer un organe ou un membre provenant d’un tueur en série (comme dans le dernier sketch de Body bags, réalisé trois ans ensuite), notre brave Bill va commencer à faire des rêves bizarres et à avoir des hallucinations.

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Prévisible, c’est le mot qui reviendra le plus souvent dans le métrage, et cela va rapidement provoquer l’ennui, surtout que l’enquête sur l’ancien « propriétaire » du bras aurait pu être bien plus passionnante. On aurait aimé en savoir plus sur lui, et au lieu de ça, le film va, en plus d’avoir un rythme lent, ne rien révéler. Bill ne finira que par rendre visite à un autre homme, joué par Brad Dourif, habitué des séries B (parfois Z) qui lui, a eu la chance de se voir greffer le bras gauche du même détenu. Si ce personnage, peintre assez nul mais qui a trouvé l’inspiration depuis qu’il a un nouveau bras, dont les peintures sont devenues nettement plus glauques, n’a rien d’original, il s’avère intéressant. Bill ira aussi voir un homme s’étant fait greffer une de ses jambes, mais là, c’est plutôt… chiant, le personnage peu travaillé et inintéressant au possible. Mais immédiatement, quelque chose nous interpelle. Nous en sommes déjà à la moitié du métrage, et passé l’accident de voiture et la greffe, nous n’avons rien vu de vraiment prenant, ni d’intéressant ou d’original. Les évènements vont alors se mettre à bouger quelque peu, et Bill va commencer à avoir un comportement un poil plus étrange et violent qu’à l’accoutumée. Sa famille va commencer à en payer les frais. Bill frappera son fils alors qu’il était en train de s’amuser avec lui, et l’insultera lorsque celui-ci arrivera au moment où Bill se coupe en se rasant. L’intrigue, bien que toujours prévisible, avec Bill perdant confiance en lui, et imaginant tout un tas d’hypothèses, commence enfin à bouger, un peu trop tard par contre. En désespoir de cause, Bill ira même voir sa docteur pour lui demander une nouvelle opération : lui retirer son bras. Celle ci refuse, bien évidemment, considérant son opération comme une œuvre, alors que Bill craque totalement.

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C’est enfin à ce moment là que le film deviendra intéressant, et surtout, se décidera enfin à mettre un peu d’action dans son récit. Bill va retrouver les deux autres personnes dans sa condition dans un bar, et les évènements vont se bousculer, devenir un poil plus violent. Son bras va réellement devenir incontrôlable, et une bagarre va éclater, demandant l’intervention de la police pour pouvoir se stopper. L’histoire va vraiment se mettre à bouger, et encore mieux, va se permettre d’incorporer quelques éléments inattendus et plutôt bien venus. Il aura peut être fallut attendre une heure de métrage avant de voir ça, mais la dernière demi-heure vaut le coup d’œil, tant les choses bougent enfin et le réalisateur décide de se bouger enfin le cul ! Si jusque là, la scène la plus marquante était sans aucun doute l’accident de voiture du début du film, le réalisateur va maintenant se permettre d’aller encore plus loin, enchaînant quelques meurtres bienvenus, brutaux et sanglants, et une course poursuite en voiture inventive où le passager a le bras menotté au conducteur… mais de l’autre voiture, avant qu’ils ne se retrouvent en plein sens interdit. Plutôt jouissif. Surtout que pendant la majeure partie du film, tout à fait prévisible, on croyait que l’intrigue se focaliserait sur le bras, la greffe de Bill. C’est à ce niveau là que le final parvient à surprendre, en changeant de bord pour retrouver une histoire plus rationnelle, certes, mais bien plus efficace. On aura attendu, car outre son final et son ouverture, et outre sa bonne qualité d’interprétation, Body parts se relève décevant, malgré ses bonnes intentions, et de bons moments.

8

Les plus:
L’ouverture
Brad Dourif et Jeff Fahey
Le final jouissif qui rattrape le tout
Les moins:
Chiant
Trop prévisible

En bref: Entre une ouverture magistrale et un final plutôt rythmé mais bien trop court, on s’ennuie un peu.

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