ANTHROPOPHAGOUS de Joe D’Amato


ANTHROPOPHAGOUS
Titre original : Anthropophagus
1980 – Italie
Sortie française le 20 Janvier 1982
Genre : Cannibales
Réalisation : Joe D’Amato
Musique : Marcello Giombini
Scénario : Joe D’Amato et George Eastman
Avec Tisa Farrow, Saverio Vallone et George Eastman

Synopsis : De jeunes amis se rendent sur une île grecque pour se divertir. Ils découvrent un village vide de touts occupants. Une de leurs amies disparaît. Après l’avoir recherchée, ils décident de passer la nuit dans une maison apparemment abandonnée. Dans la cave de la maison, ils découvrent une jeune fille complètement terrifiée cachée dans un tonneau. La jeune fille leur raconte qu’elle tente d’échapper à un monstre qui aurait mangé tous les habitants de l’île…

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En 1980, en Italie, tout un tas de films gore commençaient à sortir, beaucoup d’entre eux se faisaient censurer, voir carrément interdire dans certains pays. Il y avait les Argento, dont les meurtres se faisaient censurer, et bien entendu, les Fulci, et surtout, à la fin des années 70, Cannibal Holocaust. Et au milieu de tout ça, il y a eu deux films de Joe D’Amato : Blue holocaust d’abord, très bon film, à l’ambiance très froide, et aux scènes gore chocs et Anthropophagous, encore difficile à trouver en France, aucun DVD n’étant sortis chez nous. Quoiqu’il en soit, Anthropophagous possède une réputation de film choc, très gore, malsain. Bref, que du bon en perspective. Mais qu’en est-il vraiment à sa vision ? Et bien, il est fort possible que pour beaucoup de spectateurs, l’attente fut trop grande, et que le film déçoit énormément, car il faut bien l’avouer, le film possède une réputation de film gore, alors qu’il ne l’est pratiquement pas. Passé le petit prologue, fort sympathique, où un couple se promène sur une plage, et seront victime du tueur, le film va opter pour une approche très différente de ce que l’on pouvait espérer. Comme si la première scène saignante du film, une hache dans la tête, n’était là que pour briser le film, mettre une grosse rupture de ton. Pendant pratiquement une heure de film, rien, aucunes scènes sanglantes ne viendra secouer le spectateur, qui en attendait trop, et qui sera, forcément, un poil déçu. Le rythme du film, très lent, n’aidera sûrement pas. Mais pour le spectateur bon public, et surtout, aimant les surprises et ne se fiant pas trop aux avis (Massacre à la tronçonneuse aussi avait une réputation de film gore, alors que l’atout du film est son ambiance malsaine), Anthropophagous va pourtant se révéler être une excellente surprise, avec son lot de qualités, et son lot de défauts.

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Pourtant, rien n’était gagné à la base, passé le prologue. Dès les premiers instants, les défauts du film font leur apparition : interprétation parfois très mauvaise, parfois tout juste passable, scénario tenant sur une ligne, dialogues relativement inintéressants, réalisation très classique, limite sans âme et surtout un rythme mou. Mais lâcher le film là n’est pas la bonne option, loin de là. D’Amato prend le parti de nous présenter les différents personnages, et même si ce n’est pas passionnant, cela surprendra plus le spectateur par la suite. Au départ, dans les premiers instants, la musique semblera en total décalage avec l’œuvre que nous sommes en train de regarder, mais plus le film évoluera, plus elle se montrera intéressante, et surtout, parfois stressante. Ces petits défauts ne font en fait qu’encrer le film totalement dans son époque : la fin des années 70 et le début des années 80.  Nos personnages sont donc dans un premier temps sur un bateau, pour rejoindre une petite île grecque paumée, où habite une jeune femme, se trouvant dans leur groupe. Elle n’y a pas mit les pieds depuis deux ans, et les choses ont bien changé depuis. Car dés leur arrivée sur l’île, le film commencera à vraiment démarrer, même si le rythme restera toujours assez lent. Ce qui fera que le film va plaire, ou pas, c’est son ambiance. D’Amato va filmer très simplement, avec une photographie limite inexistante, les magnifiques décors de l’île, que ce soit le manoir, les rues désertes, ou l’entre de l’anthropophage. Et c’est là qu’on se demande vraiment si D’Amato savait ce qu’il faisait… Une chose est sure, la musique, tantôt glauque, tantôt en total décalage, créé l’ambiance, et le film, filmé simplement avec un éclairage minimaliste, augmente le sentiment étrange qui va se dégager du film, cette ambiance à la fois malsaine, étrange, et surprenante. D’Amato en était-il conscient, où cela est du au pur hasard ?

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Alors certes, maintenant, le film a prit un petit coup de vieux, certains effets peuvent paraître cheap, mais cela ne donnerait-il pas encore plus de charme au film ? Car si l’ambiance si glauque et étrange du film fonctionne sur le spectateur, l’effet de la dernière demi-heure n’en sera que décuplé. Car pendant une heure, il ne se passe… strictement rien à l’écran. Même le personnage super connut de l’anthropophage n’arrive que très tardivement. Mais quelle apparition ! George Eastman, jouant le rôle, et ayant co-écrit le film, nous livre une performance magnifique, totalement flippant. Le voir déambuler dans un couloir, couteau à la main, visage ravagé, provoque son petit effet. Et bien sur, arrivera en fin de récit, les scènes qui ont values au film sa réputation, les deux scènes gore du film, que l’on ne tente même plus de cacher aux spectateurs, puisqu’elle seront pour beaucoup la raison de la vision du film : l’anthropophage qui extrait et mange le fœtus d’une femme enceinte, puis l’anthropophage se mangeant lui-même les intestins. Comme le reste du métrage, ces scènes seront filmées classiquement, avec un éclairage minimaliste, mais ça fonctionne à merveille, et pour peu que le spectateur soit entré dans l’ambiance du métrage, cela s’avère être du tout bon.

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Les plus
Une très bonne ambiance dans le village
De beaux décors
Quelques scènes chocs marquantes
Les moins
Musique qui a un peu vieillie
Quelques effets spéciaux ratés

En bref : Anthropophagous possède donc de nombreux défauts, mais aussi d’énormes qualités, qui en fait bel et bien un film culte, mais pas forcément pour les raisons connues du public.

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