ANTARCTIC JOURNAL de Pil-Sung Yim


ANTARCTIC JOURNAL
Titre original : Namgeuk-ilgi
2005 – Corée du Sud
Genre : Drame
Budget : 6.5 millions $
Réalisation : Pil-Sung Yim
Musique : Kenji Kawai
Scénario : Joon-Ho Bong et Pil-Sung Yim
Avec Kang-Ho Song, Ji-Tae Yu, Hee-Soon Park, Yoon Jae-Moon et Duek-Moon Choi

Synopsis : Une expédition polaire coréenne de six hommes s’est donnée comme mission d’atteindre le pôle d’inaccessibilité sur le continent Antarctique avant que les six mois de jour ne se transforment en six mois de nuit. En chemin, ils vont trouver un journal de bord tenu par une expédition britannique disparue quatre-vingts ans auparavant. D’étranges évènements ne vont par tarder à survenir, rappelant de façon étrange les dessins que contient le journal. Les hommes sont-ils guettés par une force maléfique invisible ou est-ce le lieu qui conduit à la folie humaine ?

Les films se déroulant en Antarctique sont rares. Seulement l’un d’entre eux sera resté dans toutes les mémoires, il s’agît bien entendu de The thing, de John Carpenter (et on oubliera son fameux remake-préquelle). Un film glaçant dans tous les sens du terme, un film d’horreur visuel inégalé. A présent, ce sont les Coréens qui se lancent dans le film d’horreur se déroulant sur ce continent totalement gelé, mais l’horreur se fait tout autre. Ici, point de monstre prenant la forme qu’il désire, point de parasite, uniquement six hommes, traversant l’antarctique pour rejoindre le PI : point inaccessible. Leur trajet se déroule uniquement de jour, et la paranoïa va vite les atteindre, les uns après les autres. L’horreur se fait donc ici plus psychologique qu’autre chose, et le film adoptera en permanence un rythme plutôt lent, histoire de permettre à la tension de monter progressivement, et surtout, d’être le plus réaliste possible. Question réalisme, aucun soucis, la production du film ayant durée aux alentours de six ans, laissant le temps nécessaire à l’équipe pour se documenter et fournir ce film, véritablement prenant. Quand le film débute, nous prenons cette expédition en cours de route, et si l’entente semble être à son point fort entre les différents membres du groupe, quelques évènements nous ramènent à la dure réalité.

Le capitaine semble n’être motivé que par une seule chose, son objectif ici, de la mission, et rien ne pourra lui barrer la route, peu importe ce qu’il peut arriver aux autres membres de l’expédition. Son comportement va très rapidement créer quelques tensions au sein du groupe, les membres de l’expédition vont se méfier de lui. Mais ce ne sera pas tout, puisque d’autres problèmes surviendront. Des problèmes qui en inquiéteraient plus d’un. En premier lieu, l’expédition va découvrir sous le sol un vieux carnet provenant d’une expédition anglaise quelques dizaines d’années plus tôt, et bien qu’ils ne comprennent pas la langue du carnet, les dessins parleront d’eux même, assez pour en faire paniquer quelques uns. Ce n’est pas tout, puisque d’autres évènements de moins en moins joyeux vont survenir. Qui ne paniquerait pas en voyant du sang dans son urine ? Les personnages vont devoir faire preuve de beaucoup de courage et de patience pour arriver à leur but ultime, et bien entendu, certains se montreront plus forts que les autres, tandis que certains plongeront carrément dans la folie la plus simple. L’antarctique, lieu isolé, ne leur fera aucun cadeau, et les membres de l’expédition vont se réduire petit à petit, à cause d’accidents naturels, ou pire, de la négligence des autres.

Le rythme lent du film collera à la lente descente aux enfers de ses six hommes, du texte va régulièrement rappeler au spectateur combien de temps il reste avant le coucher du soleil et la durée de l’expédition. La fatigue, la maladie, la météo, le manque de confiance, de repères, tous ses évènements vont frapper les membres de l’expédition, qui vont tous finir par se détacher de leur mission et ne plus faire confiance à leur capitaine, qui restera le plus calme de tous, même dans la folie la plus pure, la rendant ainsi véritablement effrayante. La violence se fera très discrète, ce qui la rendra plus féroce lorsqu’elle arrivera sans prévenir. Le mental de ses hommes sera mit à rude épreuve, et le réalisateur s’en sort à merveille pour les dépeindre, filmant le tout avec grâce, et rendant les décors, déserts, blanc, magnifiques, à la fois inquiétants et attirants. Le tout accompagné par une sublime musique de Kenji Kawai (Ring, Dark water, Avalon, Death Note). Antarctic journal n’est pas un film d’horreur à proprement parler, mais un film sur l’horreur de la folie humaine due à l’isolement, la perte de confiance. La fin démontre une fois ce point avec beauté, et l’ensemble est glaçant.

150

Les plus
Superbe ambiance
Prenant
Bonne psychologie des personnages
Visuellement réussi
Les moins
Certains n’accrocheront pas au rythme
Parfois prévisible

En bref : Un film dur et réaliste, purement psychologique, drame humain aux décors sublimes, et à la réalisation et composition musicale prévues pour renforcer cet effet. La folie humaine dans toute sa splendeur et belle et bien là.

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